Karine GIÉBEL :
est une auteure française de romans policiers, née le 4 juin 1971 à La Seyne-sur-Mer.
oeuvres principales :
Meurtres pour rédemption
Les Morsures de l'ombre
Juste une ombre
Purgatoire des innocents
Toutes blessent la dernière tue (2019), (inscrit sur la liste attente Melun)
En huit romans, souvent primés, elle s'est fait une place à part dans le thriller psychologique. Ses romans sont traduits en 9 langues.
4ème de couverture :
Marianne, vingt ans. Les miradors comme unique perspective, les barreaux pour seul horizon. Perpétuité pour cette meurtrière. Une vie entière à écouter les grilles s'ouvrir puis se refermer. Indomptable, incapable de maîtriser la violence qui est en elle, Marianne refuse de se soumettre, de se laisser briser par l'univers carcéral sans pitié où elle affronte la haine, les coups, les humiliations. Aucun espoir de fuir cet enfer. Ou seulement dans ses rêves les plus fous. Elle qui s'évade parfois, grâce à la drogue, aux livres, au bruit des trains. Grâce à l'amitié et à la passion qui l'atteignent en plein cœur de l'enfermement.
Pourtant, un jour, l'inimaginable se produit. Une porte s'ouvre. On lui propose une libération... conditionnelle. " La liberté Marianne, tu dois en rêver chaque jour, chaque minute, non ? "
Oui. Mais le prix à payer est terrifiant. Pour elle qui n'aspire qu'à la rédemption...
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Se déroulant en milieu carcéral, ce roman interroge le lecteur sur les notions de liberté et d’emprisonnement, surtout avec la dimension de perpétuité dont est écrouée Marianne.
Karine Giebel réussit avec brio à nous faire ressentir l’enfermement, à la fois physique et privateur, mais surtout psychologique. Les barbelés du remord sont parfois plus fort que les murs.
Sous une plume magistrale, l’auteur nous fait passer ces sentiments douloureux et nous interroge aussi sur les notions de justice, sur l’horreur du milieu carcéral et sur les notions de bien et de mal.
L’écriture se fait tantôt riche et poétique, d’un lyrisme flamboyant lorsque Marianne rêve de liberté, tantôt acérée, glaciale et morcelée lorsque sa rage prend le dessus. Chaque mot prend une dimension impressionnante et rend le texte aussi beau et poignant que destructeur et brutal.
Ce livre est un petit bijou d’écriture.....
EXTRAITS :
- « Maintenant tu peux chialer. Personne ne te verra, personne ne t’entendra. Tu peux gémir sur ton sort. Sur ta connerie et tout le reste. C’est toujours de ma faute. Toujours. J’ai toujours tout fait de travers. Toujours détruit. Pourquoi j’ai torturé ce vieux? Pourquoi j’ai tiré sur ces flics? Pourquoi j’ai défiguré une gardienne? Pourquoi? Je suis quoi? »
- « Tous les soirs se ressemblent, les nuits aussi. Et les jours, c’est pareil. A quoi se raccrocher, alors? Aux repères, ceux qui rythment le temps, évitant qu’il ne devienne une hideuse masse informe. S’y cramponner, comme à des arbres au milieu d’une plaine infinie, à des voix au coeur du silence. A chaque heure, quelque chose de précis. Gestes, odeurs ou sons. Et, au-delà des murs, le train. Décibels de liberté venant briser l’aphasique solitude. Celle-là même qui vous dévore lentement, morceau après morceau. Qui vous aspire sans heurt vers les abîmes du désespoir.»
- " - Si tu te tiens à carreau, tu finiras par sortir, assura la surveillante.
- Tu parles ! J'aurai soixante piges et plus un cheveu sur le crâne... Ça sera en...2045... Putain ! On dirait un truc de science-fiction ! 2045..."