Livre
Va où la rivière te porte de Shelley READ
isabelle_aubry
06/04/2026
Bonjour à tous !
SHELLEY READ :
a été maître de conférences à la Western Colorado University pendant près de trente ans, où elle a enseigné l'écriture, la littérature et les études environnementales.
"Là où la rivière te porte" ("Go as a River", 2023), son premier roman, s'inspire de sa terre natale.
Elle vit avec sa famille dans les monts Elk du Colorado.

4ème de couverture :
Victoria Nash a dix-sept ans, et elle gère d'une main de maître le verger de pêches de son père, à Iola, petite ville du Colorado nichée entre les montagnes de la Big Blue Wilderness et la rivière Gunnison.
Lorsqu'elle rencontre par hasard Wilson Moon dans les rues d'Iola, la vie semble lui sourire. Wil est un jeune vagabond au passé mystérieux, à la peau brune et aux yeux aussi noirs et brillants que des ailes de corbeau. L'étincelle qui s'allume entre eux va déclencher autant de passion que de malheurs.
Au cœur des lacs, des montagnes, des rivières, Victoria doit faire face aux changements de son temps tout en sauvant sa propre vie et celle de son verger.
La laveuse de mort de Sara OMAR
isabelle_aubry
06/04/2026
Née à Sulaymaniyah (Iraq) , le 21/08/1986
Née dans une province du Kurdistan, Sara Omar s'est réfugiée au Danemark à la fin des années 1990. (Suite au massacre après l'attaque chimique d' Halabja, guerre Iran-Iraq 1988)

La mère de Frmesk craint pour la vie de sa fille. Quand son mari menace de l’enterrer vivante, elle ne voit d’autre solution que de la confier à ses propres parents.
Gawhar, la grand-mère maternelle de Frmesk, est laveuse de mort. Elle s’occupe du corps des femmes que personne ne réclame, ne veut toucher ni enterrer : des femmes assassinées dans le déshonneur et la honte.
La mort est omniprésente dans ce roman non seulement à travers la guerre Iran-Iraq qui frappe le pays mais également pour les femmes, et n’épargne pas celles de la famille ou du voisinage de Fremsk lorsque le doute s’installe sur leur pureté ou fidélité mais également par le rôle tenu par Gawhar, sa grand-mère, assumant le rôle de laveuse de mort, celle qui fait la toilette des femmes mortes abandonnées, mutilées, torturées, oubliées de leurs familles et leur donne un aspect digne et propre pour le dernier voyage.
Ce roman, premier volet d’une saga autour du personnage de Frmesk, raconte de la naissance jusqu’à l’âge de 5 ans l’enfance de la fillette, une enfance faite de violences dans un pays déchiré par la guerre et les exactions, meurtres commis au nom d’un Dieu, d’une croyance, de l’ignorance.
Ce récit nous est relaté par Frmesk elle-même, (elle a 30 ans), en 2016 au Danemark alors qu’elle vient de subir une opération dans un hôpital. Elle confie à son ordinateur ses pensées, ses souvenirs tout en se méfiant de tout et de tout le monde. Elle est dans une tension permanente, terrifiée à l’idée d’être identifiée.
Avant que le monde ne se ferme de ALAIN MASCARO (251p, 2021)
isabelle_aubry
13/01/2024
Professeur de Lettres (actuellement en disponibilité)
"En juillet 2019, ma compagne et moi avons largué les amarres pour un voyage sans date de retour. Après avoir parcouru le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan, l’Iran, le Népal, l’Inde, la Birmanie et le Cambodge, nous nous sommes retrouvés bloqués en Thaïlande par la pandémie. C’est en grande partie durant ce confinement thaïlandais que j’ai écrit mon premier roman « Avant que le monde ne se ferme ». Il a ensuite été retravaillé en Patagonie chilienne…"

isabelle_aubry
26/10/2022

Brandt lui offre en cadeau de mariage une maison de poupée qui représente, en miniature, les neuf pièces de leur propre maison. Nella reçoit l'aide inattendue d'un (ou d'une) miniaturiste (en sculpture miniature d'objets décoratifs) local pour réaliser l'ameublement....
❤❤❤❤
La vie qu'on m'a choisie de Ellen Marie Wiseman
isabelle_aubry
26/10/2022
American Dirt de Jeanine CUMMINS
isabelle_aubry
26/10/2022
Bonjour à tous !
Je viens de terminer ce livre de la bibli de V. le C.
Diplômée de l'Université de Towson, elle passe deux ans en Irlande comme serveuse de bar.
De retour aux USA en 1997, elle vit et travaille à New-York.
Sa première publication est un mémoire sur la tentative de meurtre contre son frère et l'assassinat de ses deux cousines dans le Missouri, en avril 1991.
Son quatrième livre, American Dirt.....

Jeanine Cummins est accusée d'appropriation culturelle par l'écrivaine et militante mexicaine Myriam Gurba. Dans un article paru dans le blog Tropics of Meta au sujet du livre American Dirt , Myriam Gurba avance l'idée que Jeanine Cummins n'a pas la légitimité pour écrire des histoires mettant en scène des personnes issues d'autres communautés que la sienne.....
La couturière de F. De Pontes Peebles
isabelle_aubry
04/05/2022
Elle est diplômée de l'Université de Texas à Austin et de Iowa Writers’ Workshop.
Elle a écrit de nombreuses nouvelles saluées par la critique. Elle a obtenu plusieurs prix dont Brazil’s Sacatar Artist’s Fellowship et Michener Copernicus Society of America Award.
"La couturière" est son premier roman.


isabelle_aubry
04/05/2022
77, son premier roman publié par Actes Sud en 2019, a été très remarqué par la critique et lui a valu une bourse de la fondation Lagardère.

La plus secrète mémoire des hommes de M. Mbougar Sarr
isabelle_aubry
04/05/2022

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Pour apprécier la qualité de l’écriture, la construction, les thèmes, des mots de la langue française devenus rares, il faut se laisser guider par Diégane Latyr Faye dans un véritable dédale. Jeune écrivain, il suit les traces laissées par T.C. Elimane : une gloire éphémère l’a submergé après son unique livre, Le labyrinthe de l’inhumain. Après de terribles accusations de plagiat, il disparaît dès 1938, devenant insaisissable.
Le vent nous portera de Jojo Moyes
isabelle_aubry
12/06/2021
Un livre de la bibli de V.le C.

Un roman profondément émouvant sur l'épopée de la culture et l'émancipation féminine.
Ida n'existe pas de Adeline Fleury
isabelle_aubry
12/06/2021
Bonjour,
Ne sachant pas comment vous "livrer" ce roman dérangeant et bouleversant, j'ai préféré en reproduire le début, qui en résume assez bien l'atmosphère.
"J'ai vu qu'il s'agissait d'une petite fille. J'ai pensé " A quoi bon qu'elle vive". Une pulsion redoutable s'est emparée de moi, le nourrisson s'epoumone et je pose ma main sur sa petite bouche outrageusement dessinée, je veux etouffer ses cris et bien plus encore. J'ai voulu tuer ma fille que je ne connaissais pas par amour, pour la protéger des pires choses qui pouvaient lui arriver. La vie, quand on est une fille. Elle connaîtrait des choses horribles et il valait mieux que ça s'arrete comme ça, avant que tout commence. Il n'y a pas de mot pour qualifier ces pensées. C'est effroyable. Une mère ne peut pas avoir pareilles pensées."
L'histoire contée par l'auteure est inspirée d'un fait divers qui s'est déroulé en 2013 à Berck-sur-mer.
Bonne lecture !
isabelle_aubry
12/06/2021
Je viens de terminer ce très bon roman que je vous propose de partager : 670 pages à dévorer ! C'est le 3e ouvrage de Valérie Perrin (je les aime tous)
"1986. : Adrien, Etienne et Nina se rencontrent en CM2. Très vite, ils deviennent fusionnels et passent tout leur temps ensemble. Une promesse les unit : quitter leur province pour vivre à Paris et ne jamais se séparer.
2017. : Une voiture est découverte au fond d'un lac dans le hameau où ils ont grandi. Virginie, journaliste, couvre l'événement. Peu à peu, elle dévoile les liens qui unissent ces trois amis d'enfance. Que sont-ils devenus ? Quel rapport entre cette épave et leur histoire d'amitié ?"
Roman très réussi. L’auteure alterne les chapitres entre le passé et le présent ainsi qu’entre les 4 personnages principaux. C’est parfois un peu déstabilisant mais renforce les rebondissements qui foisonnent.
Donc : ne pas lâcher l’histoire sous peine de s’y perdre un peu ; mais quand on entame ce bouquin, on ne peut plus arrêter…
Bonne lecture !
RHAPSODIE DES OUBLIES de Sofia Aouine
isabelle_aubry
12/06/2021
C'est le premier roman de cette auteure.
Abad, treize ans, habite rue Léon, dans le quartier de la Goutte d’Or à Barbès depuis qu'il a fui le Liban avec ses parents, il y a 3 ans.
Entre les coups de son père, détruit par l'exil et l'humiliation de ses abrutissantes conditions de travail, et le silence dans lequel s'est retranchée sa mère, l'adolescent s'est laissé happer par la rue. Dérivant de bêtise en bêtise jusqu'aux marges de la délinquance, il raconte son existence : la jungle qu'est l'école, la rue qui remplace sa famille, la vie de son quartier et de ses laissés-pour compte.
Le langage choque un peu au début mais il fait partie du personnage.
Bonne lecture !
isabelle_aubry
12/06/2021



Une péniche amarrée à une berge du Nil, au Caire.
Et le drame éclate qui les met devant la nécessité soit de renoncer à leur carrière, puisqu'ils la prétendaient futile, dérisoire, soit d'être infidèles à eux-mêmes.

Ses écrits provoquèrent également des controverses. Son roman de 1959, "Les Fils de la Médina", un récit allégorique des trois religions monothéistes, fut interdit. En 1994, il survécut à un attentat au couteau perpétré par un fanatique.
A la mort de Mahfouz en 2006, le président égyptien Hosni Moubarak salua les "valeurs d’éveil et de tolérance" de l’écrivain et déclara que l’on se souviendrait de ce dernier comme "d’une lueur culturelle…qui révéla au monde la littérature arabe.
En finir avec le Harcèlement scolaire de E. Piquet
isabelle_aubry
19/04/2021
« En te recroquevillant, tu leur montres à quel point ils parviennent à te faire souffrir. On va leur prouver que tu n’es pas une cible facile. »
Le parti pris d’Emmanuelle Piquet est clair : la prévention et la sanction, méthodes privilégiées par l’Éducation nationale aujourd’hui, ou encore l’intervention des adultes, ne constituent pas des solutions suffisantes pour endiguer ce fléau qu’est le harcèlement en milieu scolaire. À rebours des idées reçues, la spécialiste partage une méthode qui a porté ses fruits : accompagner l’enfant victime de harcèlement en lui donnant les outils pour apprendre à se faire respecter.
Destiné aux parents et aux enseignants, cet ouvrage s’appuie sur des situations réelles pour montrer les différentes stratégies qui peuvent être adoptées avec succès par les enfants. En finir avec le harcèlement scolaire, c’est possible !
Un livre court mais très utile, à mettre entre les mains de tous les parents...

La maison des hautes falaises de Karen Viggers
isabelle_aubry
08/04/2021

Peu de temps après son arrivée, sa route croise celle de Callista, artiste-peintre passionnée, elle aussi blessée par la vie.
Dans la lignée de La Mémoire des embruns, ce roman tout en finesse est une véritable ode à la nature et à son admirable pouvoir de guérison.
isabelle_aubry
08/04/2021

Elle parle du temps impossible à dilater, à suspendre, l'aiguille de la montre qui court trop vite, en retard, en retard, comme le lapin d'Alice, et les tâches, les rendez-vous qui s'accumulent, les contrôles qui se multiplient. Elle parle du mépris envers les clients qu'il faut pressurer et elle dit qu'elle ne peut plus. Elle raconte les week-end englués dans l'insomnie et le trop de sommeil, les dimanches soir qui commencent de plus en plus tôt, au réveil parfois. Elle parle des kilos perdus et de l'impossibilité de se nourrir. Cette impression qu'elle a de rejouer la même scène, d'un médecin à l'autre, et elle se demande si ça va être comme ça, sa vie, raconter son histoire, et la raconter encore pour qu'on soit bien sûr qu'elle va mal."
isabelle_aubry
31/03/2021

Très bon livre que voilà ! Le thème y est évidemment pour beaucoup : Replay parle en effet et comme son titre l’indique d’un homme qui n’a de cesse de recommencer sa vie, encore et encore et pour une durée qui semble éternelle. Un thème très séduisant, donc, car intriguant : qui n’a jamais caressé l’espoir ou à tout le moins, rêvé d’avoir une seconde vie pour agir ou considérer ses choix différemment ?
[L’auteur est mort d’une crise cardiaque… comme le personnage principal de Replay qui meurt dès la première page du roman.
Le hasard est d’autant plus ironique que Ken Grimwood est mort alors qu’il était en pleine écriture d’une suite de Replay, 15 ans après, lui qui avait repoussé l’idée jusque là…]
isabelle_aubry
24/01/2021
Ses travaux se composent de traductions des poètes français en chinois et des poètes chinois en français, d’essais sur la pensée et l’esthétique chinoises, de monographies consacrées à l’art chinois, de recueils de poésies, de romans et d’un album de ses propres calligraphies.
Je suis une légende de R. Matheson
isabelle_aubry
24/01/2021

Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l'ultime survivant d'une espèce désormais légendaire.
Parfaitement calibré sur 3 années et avec un art très cinématographique mêlant flash back, ellipses et rencontres inopinées, Matheson sait maintenir le rythme et ménager quelques chutes à suspense pour tenir son lecteur en alerte. Sans pour autant trop en faire.
Le pays des autres de L. Slimani
isabelle_aubry
24/01/2021
"En 1944, Mathilde, une jeune Alsacienne, s'éprend d'Amine Belhaj, un Marocain combattant dans l'armée française.
Après la Libération, elle quitte son pays pour suivre au Maroc celui qui va devenir son mari. Le couple s'installe à Meknès, ville de garnison et de colons, où le système de ségrégation coloniale s'applique avec rigueur.
Amine récupère ses terres, rocailleuses ingrates et commence alors une période très dure pour la famille.
Mathilde accouche de deux enfants : Aïcha et Sélim.
Au prix de nombreux sacrifices et vexations, Amine parvient à organiser son domaine, en s'alliant avec un médecin hongrois, Dragan Palosi, qui va devenir un ami très proche.
Mathilde se sent étouffée par le climat rigoriste du Maroc, par sa solitude à la ferme, par la méfiance qu'elle inspire en tant qu'étrangère et par le manque d'argent. Les relations entre les colons et les indigènes sont très tendues, et Amine se trouve pris entre deux feux : marié à une Française, propriétaire terrien employant des ouvriers marocains, il est assimilé aux colons par les autochtones, et méprisé et humilié par les Français parce qu'il est marocain. Il est fier de sa femme, de son courage, de sa beauté particulière, de son fort tempérament, mais il en a honte aussi car elle ne fait pas preuve de la modestie ni de la soumission convenables.
Alors qu'Amine commence à récolter les fruits de son travail harassant, des émeutes éclatent, les plantations sont incendiées : le roman se clôt sur des scènes de violence inaugurant l'accès du pays à l'indépendance en 1956."
L'auteure décrit très bien les difficultés de ce couple mixte face aux populations locales et aux Français installés en vainqueurs dans ce pays dont ils méprisent les habitants. Ils sont étrangers à tous.
Très beau roman bien documenté.
isabelle_aubry
24/01/2021
Et entre ce début et cette fin qui irradient cette lumière présente dans le titre, il y a la violence, l'injustice, la bêtise et la souffrance d'êtres qui n'arrivent pas à trouver leur place.
- J'ai du sang noir.
Elle resta étendue, parfaitement immobile, mais d'une immobilité différente. Mais il ne parut point s'en apercevoir. Il était couché, calme aussi et, de sa main, doucement lui caressait le flanc.»
La goûteuse d' Hitler de Rosella Postorino
isabelle_aubry
09/01/2021
Un livre de la bibli de V.le C..
L'historien Arnd Bauerkämper lui, confirme qu'Hitler a utilisé des goûteurs parce qu'il avait peur d'être assassiné. Il avait son cuisinier personnel.

Mais devient-on implicitement coupable dès lors qu’on est inapte ou qu’on refuse d’agir ? « C’est une faute métaphysique, celle de rester vivant tandis que les uns et les autres succombent ou vivent des injustices. Ça ne concerne pas uniquement les gens qui ont vécu la Deuxième Guerre mondiale ou un régime dictatorial. »
« On ne bouge pas ! Rassieds-toi ! »
Elle s’est laissée retomber comme s’ils lui avaient donné une bourrade. Une de ses tresses roulées en macaron s’est échappée de son épingle dans un léger balancement.
« Vous n’avez pas le droit de vous lever. Vous resterez ici, à table, jusqu’à nouvel ordre. En silence. Si les plats sont empoisonnés, l’effet sera rapide. » Le SS nous a dévisagées une à une, guettant nos réactions. Personne n’a bronché. Puis il s’est adressé de nouveau à celle qui s’était levée : elle portait le Dirndl traditionnel et avait peut-être voulu manifester sa déférence. « C’est l’affaire d’une heure, rassure-toi. Dans une heure, vous serez libres.
– Ou mortes », a souligné un de leurs hommes."
isabelle_aubry
28/11/2020
Aperçu : C'est l'histoire de Lexi, adolescente explosive qui laisse souvent la colère l'emporter. S'agit-il d'une crise d'adolescence ou de maltraitance ? La question est posée dès la couverture. Le début prend son temps, on a du mal à se faire une opinion car il faut saisir la complexité des situations, des personnalités : l'auteur nous promène dans la psychologie des personnages qu'elle sait rendre attachants.
Pour moi, un roman féministe au vrai sens du terme : une histoire de parole, de prise de conscience, d'émancipation. La maltraitance sans sensationnalisme : pas de viols, d'attouchements ou de coups. Les hommes et les femmes sont décrits avec qualités et défauts, forces et faiblesses, à égalité. Pas de manichéisme. L'héroïne, adolescente en construction est un personnage attachant : son évolution est crédible. Les parrallèles avec les contes de fées sont amusants.
I love you so mochi de Sarah Kuhn
isabelle_aubry
08/11/2020
Aperçu :
Kimi est une adolescente qui a tout pour être heureuse mais elle doit choisir ce qu’elle veut faire de sa vie et ce choix n’est pas facile… Après une dispute avec sa mère, sur une invitation de ses grands-parents, elle part au Japon, à la découverte d’elle-même…
Ce roman « young adult » est certes à classer dans le style « feel good » avec son fond de jolie romance mais il dépasse ce cadre. D’abord parce qu’il permet de découvrir le Japon et certaines traditions (même s’il faut être indulgent avec quelques clichés). Ensuite parce qu’il intègre une belle réflexion sur les rapports intergénérationnels, sur la transmission et la manière dont elle s’opère. Enfin, parce qu’il véhicule des passions : qu’il s’agisse de la mode ou de la nourriture, il y a une invitation à la pleine conscience qui n’est pas antagoniste avec le rêve.
Un roman à savourer comme un mochi…
❤❤❤
Belles lectures !
Un Noël pour le loup de Thierry Dedieu
isabelle_aubry
30/10/2020
Aperçu :
Le loup décide de préparer un festin de Noël pour tous les habitants de la forêt. Et il le fait correctement : pour preuve, aucun des animaux invités ne se retrouvera au menu ! Il respecte même les préférences alimentaires de chacun... Et il prépare de beaux cadeaux. Mais personne n’arrive… Les bêtes, pas bêtes, craignent le piège et restent au loin, à observer le loup… Que va faire ce loup ingénieux ?
Un bel album de Noël, aux splendides illustrations… Une histoire pleine de patience et d'amour, invitation à prendre ce qui vous arrive avec philosophie et à en tirer du bonheur… L’auteur rappelle aussi, que les relations peuvent être longues à nouer, qu'elles se développent par étapes, avec des attentions modestes…
Un livre à lire et à réfléchir, de 7 ans à 77 ans…
❤❤❤
Belles lectures !
isabelle_aubry
30/10/2020

❤❤❤
Meurtres pour rédemption de Karine Giebel
isabelle_aubry
30/10/2020
Aperçu :
Les Morsures de l'ombre
Juste une ombre
Purgatoire des innocents

- Mais il y a des barreaux!
- Les barreaux n'empêchent pas l'air de rentrer que je sache! Allez, dépêche-toi, je te ramène et je rentre chez moi. Enfin ! Dure journée...
- Toi au moins, t'as pas de barreaux aux fenêtres !
- Si. J'habite au rez-de-chaussée.....
De pierre et d'os de Bérengère Cournut
isabelle_aubry
30/10/2020
Un temps secrétaire du traducteur Pierre Leyris, dont elle accompagne les œuvres posthumes chez l’éditeur José Corti (Pour mémoire, 2002 ; La Chambre du traducteur, 2007), elle publie son premier roman, "L’Écorcobaliseur", en 2008.
Édition augmentée d'un cahier de photographies.

Les Inuit sont les descendants d’un peuple de chasseurs nomades se déployant dans l’Arctique depuis un millier d’années. Jusqu’à très récemment, ils n’avaient d’autres ressources à leur survie que les animaux qu’ils chassaient, les pierres laissées libres par la terre gelée, les plantes et les baies poussant au soleil de minuit. Ils partagent leur territoire immense avec nombre d’animaux plus ou moins migrateurs, mais aussi avec les esprits et les éléments. L’eau sous toutes ses formes est leur univers constant, le vent entre dans leurs oreilles et ressort de leurs gorges en souffles rauques. Pour toutes les occasions, ils ont des chants, qu’accompagne parfois le battement des tambours chamaniques.
Une vieille raconte aussi le grand voyage qu'ont fait ses parents bien avant sa naissance, les périls qu'ils ont enduré en traversant les glaces. Il paraît qu'à une époque retirée, on pouvait rejoindre en hiver une île lointaine où le gibier abonde. depuis, les courants ont changé, et il n'est plus possible de s'y rendre en traîneau. Ainsi se meut notre territoire dans une grande respiration qui nous entraîne."
La terre qui penche de Carole Martinez
isabelle_aubry
30/10/2020

Blottie dans mon ombre, tu partages ma couche.
Tu dors, ô mon enfance,
Et, pour l’éternité, dans la tombe, je veille.
L’enfance se raconte au présent et la vieillesse s’émerveille, s’étonne, se revoit vêtue des plus beaux habits qui soient et conduite par son père dans la forêt sans savoir ce qui l’y attend.
Veut-on l’offrir au diable filou pour que les temps de misère cessent, que les récoltes ne pourrissent plus et que le mal noir qui a emporté sa mère en même temps que la moitié du monde ne revienne jamais?
Par la force d’une écriture cruelle, sensuelle et poétique à la fois, Carole Martinez laisse Blanche tisser les orties de son enfance et recoudre son destin. Nous retrouvons son univers si singulier, où la magie et le songe côtoient la violence et la truculence charnelles, toujours à l’orée du rêve...
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Blanche ne rêve que de savoir lire et écrire.
Aussi, lorsque celui-ci emmène Blanche, sans la moindre explication, au Domaine des murmures, après l’avoir revêtue de ses plus beaux atours, elle qui jusqu’ici n’eut droit qu’à des hardes, la jeune fille tente de comprendre ce qu’on attend d’elle.....
Ils étaient si petits lors du premier passage de la Male Mort, presque dix ans plus tôt, qu'elle n'en avait fait qu'une bouchée...
C'est alors que, pour lutter contre le vide, les femmes se sont remises à l'ouvrage. Elles ont travaillé à repeupler la terre. Leurs ventres se sont enflés de petits...
Les femmes ont engendré de la jeunesse à foison pour résister à leur grande peine, pour ravauder leurs coeurs."
Je me souviens, car tu as gardé ta vie intacte dans ta mémoire de petite fille et que tu la parcours, à voix haute, tandis que tu dors. Alors, tout contre toi, moi, « la vieillarde », j’écoute mon enfance causer. Je t'écoute conjuguer jadis au présent et je m’émerveille."
isabelle_aubry
30/10/2020

Georges Girard, sa soeur Amélie, et Louise la bonne, sont découverts sauvagement assassinés à coups de serpe.
Le seul survivant Henry, le fils de Georges, est tout de suite inculpé car tout l'accuse...
De plus, il était le seul héritier des deux victimes et, manque de chance ou préméditation, il venait d'emprunter deux jours avant, l'arme du crime, et avait obligé son père à venir les rejoindre au château, alors qu'il n'avait pas l'intention d'y venir.
Aucune porte n'a été fracturée et les témoignages ne concordent pas.
Alors que tout le monde le pense coupable, il sera pourtant acquitté lors de son procès aux assises, en 1943, après 19 mois d'emprisonnement dans les conditions terribles de l'époque…
Maurice Garçon, son avocat, un ami de son père, a fait une plaidoirie remarquable et les jurés, convaincus de son innocence, ont à peine pris le temps de délibérer...
Henry Girard est libre, certes, mais il sera poursuivi toute sa vie par cette accusation et ne se remettra jamais de la perte de ses proches.
Sérotonine de Michel Houellebecq
isabelle_aubry
30/10/2020
° Plateforme (2001)
° La Possibilité d'une île (2005)
° La Carte et le Territoire (2010)
° Soumission (2015)
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Le naufrage des civilisations de Amin MAALOUF (332p, 2019)
isabelle_aubry
22/08/2020
Cette variété si rare de coexistence entre les religions et entre les cultures était le fruit d'une sagesse instinctive et pragmatique plutôt que d'une doctrine universaliste explicite. Mais je suis persuadé qu'elle aurait mérité d'avoir un grand rayonnement. Il m'arrive même de penser qu'elle aurait pu agir comme un antidote aux poisons de ce siècle. » (p. 78)
« Je me suis souvent demandé s'il n'y avait pas eu, dans l'histoire du communisme, dès l'origine, un énorme sous-entendu, partagé de manière consciente ou inconsciente par les fondateurs, par les adeptes, comme par les détracteurs, et qu'on pourrait formuler comme suit : ce n'est pas seulement aux prolétaires que Marx a promis, en quelque sorte, le salut, mais également aux minoritaires, à tous ceux qui ne pouvaient s'identifier pleinement à la nation qui était censée être la leur. C'est ainsi, en tout cas, que beaucoup de gens ont compris son message. » (p. 98)
« Désormais, c'est le conservatisme qui se proclamerait révolutionnaire, tandis que les tenants du "progressisme" et de la gauche n'auraient plus d'autre but que la conservation des acquis. » (p. 170)
« J'ai dit que les régimes communistes avaient déconsidéré pour longtemps les idées universelles qu'ils étaient censés promouvoir. Je me dois d'ajouter que les puissances occidentales ont, elles aussi, abondamment discrédité leurs propres valeurs. Non parce qu'elles ont combattu avec acharnement leurs adversaires marxistes ou tiers-mondistes – cela, on pourrait difficilement le leur reprocher ; mais parce qu'elles ont instrumentalisé avec cynisme les principes universels les plus nobles, au service de leurs ambitions et de leurs avidités ; et, plus que cela encore, parce qu'elles se sont constamment alliées, particulièrement dans le monde arabe, aux forces les plus rétrogrades, les plus obscurantistes, celles-là mêmes qui allaient un jour leur déclarer la plus pernicieuse des guerres.
Le spectacle affligeant que la planète présente en ce siècle est le produit de toutes ces faillites morales, et de toutes ces trahisons. » (p. 206-207)
« Un monde apeuré, où la surveillance quotidienne de nos faits et gestes serait dictée par notre désir réel et légitime d'être protégés à chaque instant, n'est-il pas, finalement, plus inquiétant encore qu'un monde où cette surveillance serait imposée de force par un tyran paranoïaque et mégalomane ? » (p. 308)
Jérôme de Jean-Pierre Martinet
isabelle_aubry
13/07/2020
Un livre de la bibliothèque de Melun :
Jean-Pierre MARTINET :
né à Libourne (Gironde) le 12 décembre 1944 et mort dans la même ville le 18 janvier 1993, à 48 ans, est un écrivain français.
Il est l'auteur de romans et de nouvelles caractérisés par une noirceur absolue et un profond pessimisme.
Écrits à la fin des Trente Glorieuses, ses romans présentent la face cachée du miracle économique, l'avachissement moral et les névroses d'un petit peuple déboussolé et désespéré par les mutations de la société.
Depuis des années, ce livre était devenu introuvable et on ne parlait plus qu'à voix basse de ce livre monstre, de ce livre dans lequel Martinet rend hommage à ses maîtres, Dostoïevski, Joyce, Gombrowicz ou Céline.
Dans sa propre notice biographique, il avait noté :
« Parti de rien, Martinet a accompli une trajectoire exemplaire : il est arrivé nulle part ».
Redécouvert et réédité depuis 2006, Jean-Pierre Martinet, est l'objet de mémoires universitaires en France et en Suisse.
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"Jérôme" est un livre monstrueux dans tous les sens du terme : un énorme pavé sans paragraphe écrit en police 6, déjà ça impressionne ; mais quand en plus il est question de parler là-dedans de la folie, de l'horreur d'être en vie, de l'échec du langage et de la déviance psycho-sexuelle, on se rend compte qu'on a affaire à du costaud. En gros, on prend une bonne respiration au début, et on ne la relâchera qu'à la toute fin, avec l'impression d'avoir été immergé dans un flot intarissable de mots heurtés, de violence et de rythmes infernaux.
D'emblée, le lecteur est immergé dans le flot ininterrompu des pensées de Jérôme, qui nous livre ainsi, avec une volubilité qui suscite assez vite un certain malaise, ses angoisses, les manifestations de sa paranoïa, ses fantasmes, et l'obsession qui hante jour et nuit son cerveau malade, qui a pour nom Paulina Semilionova, adolescente de 15 ans qu'il traque sans répit dans un Paris, "banlieue de St-Petersbourg", devenu tentaculaire et dangereux......
Précisons que Jérôme est quant à lui un grand garçon de 42 ans, de stature plutôt imposante (il pèse 150 kilos pour 1m90), qui vit toujours chez sa "mamame"...
"Jérôme" est un récit à la fois sombre et superbe, glauque et fécond, dont l'aspect burlesque de certaines situations ne parvient pas à alléger l'atmosphère. D'ailleurs, ce n'est pas le but : il sourd de ce roman un désespoir sans fond, un dégoût de la vie qui font de cette lecture une expérience forte mais presque douloureuse.
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Pour qui aurait lu "La conjuration des imbéciles" / J.K. Toole, ...
[À trente ans passés, Ignatius vit encore cloîtré chez sa mère, à La Nouvelle-Orléans. Harassée par ses frasques, celle-ci le somme de trouver du travail. C'est sans compter avec sa silhouette éléphantesque et son arrogance bizarre...
Chef d'œuvre de la littérature américaine, La conjuration des imbéciles offre le génial portrait d'un Don Quichotte yankee inclassable et culte.]
..."Jérôme" c'est un Ignatius Reilly, en PIRE !!
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L'écriture de Jean-Pierre Martinet n'est pas sans évoquer Céline.
La trame du roman, et l'atmosphère qui le baigne, m'ont en revanche fait penser à certains auteurs russes, notamment Gogol, avec son "Journal d'un fou", ou encore Dostoïevski, auquel l'auteur fait référence à de nombreuses reprises.
Ceci dit, le talent de Jean-Pierre Martinet est bel et bien original ; il rend certes hommage, tout au long de ce récit, à quelques-uns des écrivains qu'il admirait, mais lorsque l'on referme "Jérôme", on a la certitude de n'avoir jamais rien lu de semblable.
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EXTRAITS (sobres) :
- (La mère de Jérôme, phénomène en soi également ^^, parle de son fils, dans ces premières lignes....) :
"A cause d’un caoutchouc percé, on donne naissance hu hu. Naissance, c’est-à-dire moisissure, et aussi cet assassin qui grandit dans vos propres entrailles, en donnant des coups de pieds, histoire, déjà, de vous faire mal. Vous dévorant, déjà. Car moi, entre nous, l’amour, c’était pas pour avoir un enfant. Il grandissait en moi, il grandissait, me bouffait, cognait, il s’augmentait de ma propre vie, mais je n’y tenais pas tellement. Ratage intégral : il naît. Trop tard pour le tuer. Vit. Gigote. Tant pis. On ne peut plus. Grandir, eh oui. Sans doute trop forte la pression du foutre sur le caoutchouc. Ou alors, mauvaise qualité. Ça arrive. Alors, à un moment, il faut bien. Voilà. On l’appelle Jérôme Bauche. C’est un genre de malentendu, toute cette histoire, voilà. Il est là. On dit…
C’est un genre d’histoire courant. Je me moquais bien des radotages de mamame. Il y avait bien longtemps que je savais à quel misérable miracle je devais la vie (d’après pas mal de gens, et puis d’après des statistiques, et puis d’après mes lectures, la prison contre les murs de laquelle je me cognais la tête tous les jours, c’était ce qu’on appelle, en général, la vie. Oui, c’est comme ça, qu’on l’appelle, à ce qu’il paraît…)."
- " Il y en a beaucoup comme moi. Enfants, ils ont déjà tout perdu. Adultes, ils ne sont plus que des fantômes. Ils rêvent de se venger, mais bien peu passent aux actes. Le plaisir dans les lits moites, ils finissent par s’y adonner, alors qu’ils voudraient se tuer, ou, dans le meilleur des cas, tuer leurs semblables… Moi, de ces quelques gouttes de foutre qu’un mort a déposées dans le ventre chaud de ma mère, y faisant naître cet abcès dont je suis sorti, monceau d’entrailles à mon tour, j’ai tiré ma haine, froide comme un acier, lucide comme un poignard."
- " Ma vie était peut-être minable, complètement ratée, un désert, mais au moins c’était la mienne, c’était la mienne, oui, avec ses pauvres rêves, avec ses réveils brusques, avec son absence de Polly, c’était la mienne, cent cinquante kilos à chaque seconde de la journée, un lit vide, pas beaucoup d’espace certes, ma vie, je n’avais que celle-là, ces draps sales qui me serviraient peut-être de linceul quand la mort viendrait me chercher, presque rien, une vie dérisoire, une porte battante et pourtant…"
- "Quand je mourrais, je me souviendrais de la vie comme d’une méduse d’une taille monstrueuse que l’on effleure avec dégoût, parce qu’il faut bien, et moi aussi je me sentais comme ça, fuyant, visqueux, comme les autres, pas épargné par le désastre universel, oh non, mais flasque, si flasque, avec ma peau flasque, mes paroles flasques, mes histoires vaseuses, la flaccidité de mes pensées, et le dégoût de moi-même, au fond, tout au fond, ces flatulences qui jamais ne parvenaient à l’air libre et m’asphyxiaient lentement. Je me sentais gluant et sombre, comme si le monde dans lequel on m’avait plongé de force, à ma naissance, avait fini par devenir ma propre substance, à force."
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"Certains livres ont le mérite non seulement de remettre les pendules à l’heure mais d’en arracher les aiguilles pour les planter dans notre nuque comme deux nécessaires banderilles. […] Jérôme est un livre aux mille douleurs, aux mille splendeurs, un livre-lave, dont la puissante ivresse brûle de vie."
(Claro, Le Monde.)
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Entre détracteurs enragés et admirateurs fascinés, Jérôme est de ces romans qui interdisent la modération......
Ce livre questionne : Martinet, écrivain génial à l'imagination telle qu'il peut se glisser dans la peau d'un névrotique cumulant toutes les névroses imaginables ?
ou névrosé lui-même?, (il est mort à 48 ans, alcoolique) ;
j'en doute, à cause du style et de l'écriture très pointus restituant toute la névrose de son personnage, Jérôme.
Martinet, sujet de thèse, ex. : http://www.theses.fr/s220435
isabelle_aubry
07/06/2020
Kim Jiyoung, née en 1982 de Cho Nam-Joo
Aperçu : Cho Nam-Joo est née en 1978 en Corée du Sud. Scénariste pour la télévision, « Kim Jiyoung, née en 1982 » est son premier roman et il a été adapté en film.
4ème de couverture :
Kim Jiyoung est une femme ordinaire, affublée d'un prénom commun - le plus donné en Corée du Sud en 1982, l'année de sa naissance. Elle vit à Séoul avec son mari, de trois ans son aîné, et leur petite fille. Elle a un travail qu'elle aime mais qu'il lui faut quitter pour élever son enfant. Et puis, un jour, elle commence à parler avec la voix d'autres femmes. Que peut-il bien lui être arrivé ?
En six parties, qui correspondent à autant de périodes de la vie de son personnage, d'une écriture précise et cinglante, Cho Nam-Joo livre une photographie de la femme coréenne piégée dans une société contre laquelle elle ne parvient pas à lutter. Mais qu'on ne s'y trompe pas : Kim Jiyoung est bien plus que le miroir de la condition féminine en Corée - elle est le miroir de la condition féminine tout court.
Quand un roman est lu partout dans le monde, c’est souvent qu’il parle à tous… Et oui, même en France, ne soyons pas hypocrites, on s’y retrouve ! L’auteur reste le plus possible dans les faits : au lecteur d’ajouter sa réflexion…
Le dernier de Baba Dounia d'Alina Bronski
isabelle_aubry
13/05/2020
Livre de la bibliothèque de Melun.
Aperçu :
Alina Bronsky :
Elle a grandi du côté asiatique de l’Oural et vit depuis l’âge de 13 ans en Allemagne.
Elle est à présent journaliste et vit à Francfort-sur-le-Main.

isabelle_aubry
12/05/2020
Aperçu :
Jean HEGLAND : née en novembre 1956 à Pullman dans l'État de Washington, est une écrivaine américaine.
En 1996, elle termine l'écriture de ce premier roman, Into the Forest, qui raconte la relation entre deux sœurs qui doivent apprendre à survivre seules dans une forêt de séquoia près de Redwood City, dans le nord de la Californie. Elle essuie environ vingt-cinq refus d'éditeurs avant que son manuscrit ne soit accepté par Calyx, un petit éditeur féministe...^^ . Le roman obtient alors un succès national puis international. Traduit en français qu'en 2017 !!
Elle a publié deux autres romans restés inédits en français : Windfalls en 2004 et Still Time en 2015.
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4ème de couverture :
Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient.
Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.
Considéré depuis sa sortie comme un véritable choc littéraire aux Etats-Unis, Dans la forêt, roman sensuel et puissant, met en scène deux jeunes femmes qui entraînent le lecteur vers une vie nouvelle.
Traduit de l'américain par Josette Chicheportiche.
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On ne sait pas vraiment ce qui est à l'origine de la situation à laquelle Nell et Eva, les deux jeunes héroïnes doivent faire face (guerre lointaine aux conséquences mondiales ?,virus?, ...? .
Un beau jour, tout s'est arrêté, électricité, communications, possibilités de se déplacer, approvisionnements....
Tout ce qui faisait la civilisation et organisait les modes de vie.
La famille des deux sœurs avait déjà opté pour un mode de vie plus proche de la nature et s'était installée loin de la ville, dans la forêt du nord de la Californie. Mais sans renoncer non plus à la modernité.
Nell et Eva perdent d'abord leur mère, gravement malade. Puis leur père, victime d'un terrible accident.
Seules, elles vont devoir apprendre à survivre et pourquoi pas à s'inventer une nouvelle vie minimaliste. Et pour cela, apprivoiser cette forêt dont elles ignorent tout malgré sa proximité.
Ce qui était simple : se nourrir, se déplacer, se chauffer, se protéger... devient un casse-tête. Se résigner à ce que la vie ne soit plus jamais pareille est un long processus qui passe par différentes étapes plus ou moins douloureuses. Assumer l'isolement, le tête à tête permanent avec une seule et même personne, fut elle sa sœur n'est pas non plus très évident.
Nell, la narratrice et également la plus jeune des sœurs est la première chercher d'autres voies...
Pour cela elle se plonge dans les livres qui garnissent les pièces de la maison et dans lesquels elle va trouver des ressources pour explorer les pistes de survie que la nature lui offre.
Remonter aux origines. Retrouver les savoirs des peuples primitifs. Faire corps avec cet environnement, la terre, la forêt dont les richesses sont offertes à qui veut bien les voir.
Voilà un roman d'anticipation engagé qui invite à la réflexion tout en offrant un beau plaisir de lecture !
"Bien sûr ce genre de choses arrive tout le temps. J'ai suffisamment étudié l'histoire pour le comprendre. Les civilisations périclitent, les sociétés s'effondrent et de petites poches de gens demeurent, rescapés et réfugiés, luttant pour trouver à manger, pour se défendre de la famine et des maladies et des maraudeurs tandis que les herbes folles poussent à travers les planchers des palais et que les temples tombent en ruine. Regardez Rome, Babylone, la Crète, l'Egypte, regardez les Incas ou les Indiens d'Amérique. (...) Pensez aux photos des survivants au milieu des décombres. (...) et demandez-vous comment nous avons pu être aussi suffisants".
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Le thème du livre n’a rien perdu de son actualité. Dans la forêt installe le lecteur dans un futur proche et inquiétant. Le roman s’ouvre au crépuscule de notre civilisation....bbbrrrrr !! Huit-clos très efficace !
Jean Hegland, interviewée :
"La Californie est devenue, plus encore qu’hier sans doute, le lieu d’une grande tension entre l’hyper-technologie – les Gafas y ont leur siège – et une nature toujours omniprésente et riche. Ecririez-vous le même livre aujourd’hui?
"Je crois que, maintenant, il serait plus difficile à écrire. Il faudrait prendre en compte le changement climatique qui pèse bien plus qu’il y a un quart de siècle. J’y ai fait quelques allusions évoquant des tempêtes, des incendies, mais la forêt dans laquelle s’enfoncent les deux sœurs est beaucoup plus préservée que celle d’aujourd’hui. Dans ce sens, Dans la forêt serait un livre différent. Puis, bien sûr, nous n’avions pas encore ce monstre à la Maison-Blanche… Mais peut-être aussi que ce livre est plus actuel aujourd’hui qu’hier."
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Into the Forest est une parabole sur la résilience et le courage.
Un film a été adapté de ce roman (dans une version plus contemporaine) : Film
❤❤
Belles lectures !
Le Destin miraculeux d’Edgar Mint de Brady Udall
isabelle_aubry
12/05/2020
Livre de la bibliothèque de Melun.
Aperçu :
Brady UDALL : né en 1971, grandit dans la petite ville américaine de Saint Johns, en Arizona, au sein d’une famille nombreuse de Mormons.
Son premier roman, Le Destin miraculeux d’Edgar Mint, paraît en 2001 et le propulse au rang des meilleurs jeunes auteurs américains de sa génération. Son œuvre est comparée à celle de Dickens ou de John Irving.
autres livres :
Lâchons les chiens, (nouvelles), 1998
Le polygame solitaire, 2011 [ Un père, polygame de surcroît, en pleine crise de la quarantaine. Il ne sait plus comment gérer sa famille, ses 4 femmes et ses 28 enfants ni son travail qui l'oblige, lui le prude mormon, à construire une maison de tolérance.]
4ème de couverture :
"Si je devais ramener ma vie à un seul fait, voici ce que je dirais : j'avais sept ans quand le facteur m'a roulé sur la tête. Aucun événement n'aura été plus formateur. Mon existence chaotique, tortueuse, mon cerveau malade et ma foi en Dieu, mes empoignades avec les joies et les peines, tout cela, d'une manière ou d'une autre, découle de cet instant où, un matin d'été, la roue arrière gauche de la jeep de la poste a écrasé ma tête d'enfant contre le gravier brûlant de la réserve apache de San Carlos."
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On peut avoir été abandonné par une mère apache et un père blanc, être miraculé d'un terrible accident et partir à la rencontre de sa propre vie avec humour et espoir...
Brady Udall nous le prouve, sans misérabilisme.
Une épopée chaotique et déconcertante sur mille chemins de traverse dans l'Ouest américain.
Edgar Mint pourrait être aux années 2000 ce que Garp fut aux années 80.
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Edgar est un jeune métis issu de la rencontre fortuite d'un apprenti-cowboy et d'une indienne. Enfant non désiré d'un père qui s'est fait la malle et d'une mère alcoolique, il vit dans une réserve indienne jusqu'au jour où, à l'âge de 7 ans, il se fait rouler sur la tête par la voiture du facteur. Emmené dans un état critique à l'hôpital, il s'en sortira avec un crane bosselé et une incapacité à apprendre à écrire avec un stylo. A la sortie de l'hôpital, séparé de sa mère et confié à un oncle, commence pour Edgar et son inséparable machine à écrire une odyssée où il va rencontrer beaucoup d'épreuves.....
Edgar nous dépeint sa vie en 3 grandes parties (récit à la première ou à la troisième personne quand il parle de lui, original...) :
°Les suites de son accident, donc la période hôpital. Truculent !
°Le pensionnat, les sévices, la loi du plus fort, l'amitié. Excellent !.
°Sa famille d'accueil, la vie chez les Mormons. Instructif ! (cf. Une éducation/Westover qui circule toujours parmi nous.)
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EXTRAITS :
- "Dans le jardin de devant se dressait, squelette calciné, un vieux peuplier frappé par la foudre qui n'offrait pratiquement pas d'ombre jusqu'à ce que ma mère ait pris l'habitude d'accrocher des boîtes de bière aux branches noircies à l'aide de fil de pêche. Les centaines de canettes, auxquelles une bonne douzaine venait chaque jour s'ajouter, tintaient doucement quand la brise se levait, mais elles ne contribuaient guère à donner de la fraîcheur à la maison."
- "Je marchais le dos raide comme un piquet, car Jeffrey m'avait dit un jour que je devais veiller à rester bien droit parce que, sinon, les vis avec lesquelles les médecins m'avaient rafistolé la tête risquaient de se desserrer, en sorte que si je me penchais, le sommet de mon crâne pourrait tomber et mon cerveau se répandre par terre. J'arpentais donc les couloirs ainsi, raide comme la justice, afin d'être sûr que mon cerveau ne se déverse pas sur le sol."
- "Cher Monsieur,
Je m'appelle Edgar Mint. Il y a longtemps, quand vous étiez facteur en Arizona, vous m'avez roulé sur la tête. Je sais que vous vous en voulez pour ça. Je tenais à vous dire que je n'étais pas mort. Même pas trop handicapé. J'ai des crises et un crâne bosselé, mais c'est tout. Et puis, j'ai été dans le coma. Maintenant je vis en Utah dans une famille très gentille. Je ne sais pas où vous êtes, mais j'espère vous retrouver un jour. Ne vous inquiétez pas pour moi, je vais bien et je ne suis pas mort. J'espère que vous ne vous en voulez plus trop. Tout est pour le mieux.
Votre ami,
Edgar P. Mint
PS.: Je ne peux pas signer parce que mon cerveau a un autre petit problème. Je n'arrive pas à écrire.
Mais ne vous en faites pas pour ça non plus, j'ai une machine à écrire."
- "Dès mon premier jour à l’école Willie Sherman (pensionnat pour orphelins), je devais me rendre compte que je n’étais plus Saint-Edgar, l’enfant-miracle, le chouchou de l’hôpital, aimé de tous, mais une véritable cible sur pattes, une poule entourée de renards."
- "Je ressentis un immense soulagement lorsque, le mois de mai fini, tous les pensionnaires, hormis cinq ou six d’entre nous, les « permanents », rentrèrent chez eux pour les vacances. Quel luxe de pouvoir passer trois ou quatre heures par jour devant mon Hermès Jubilé (machine à écrire) ! Je tapais parce que c’était bon, parce que je n’avais rien d’autre à faire, parce que je pensais qu’en les couchant sur le papier, et en définissant l’indéfinissable sous forme de mots, je parviendrais à comprendre un peu mieux les choses. […] Je tapais parce que pour moi, taper, c’était aussi bien que tenir une conversation. Je tapais parce qu’il fallait que je tape. Je tapais parce que j’avais peur de disparaître."
- "J'étais un orphelin et, comme tous les orphelins du monde, je ne désirais rien d'autre qu'un peu d'amour."
- "Quelle est la différence entre un accident et un miracle? La plupart des gens vous répondront que la distinction est facile à établir, mais moi, je n'en suis pas si sûr. J'ai tellement connu l'un et l'autre dans ma vie que je n'arrive pas à faire la différence."
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Petite phrase :
".....c'est tout à fait inhabituel. Dans la région, en général, ou il pleut ou il ne pleut pas. Là, ça ressemble davantage à de l'indécision qu'à de la pluie."
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Une combinaison réussie d'humour, de profondeur et d'humanité.
Les personnages qui traversent cette histoire sont marquants, attachants ou détestables et donnent au livre un cachet inoubliable.
❤❤
Belles lectures !
Le chemin des âmes et les saisons de la solitude de Joseph Boyden
isabelle_aubry
12/05/2020
Voici un triptyque de romans dont un troisième titre (en attente d'arrivage)
" Dans le grand cercle du monde" clôt l'ensemble.
Joseph BOYDEN : né en octobre 1966 est un écrivain canadien, de langue anglaise et a des ancêtres Cree (Amérindiens). Son grand-père maternel a été combattant en France durant la Première Guerre mondiale. Son père est un médecin militaire et a été l'un des plus décorés de la Seconde Guerre mondiale.
Ses ouvrages sont consacrés au destin des Premières Nations du nord de l’Ontario.
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I - LE CHEMIN DES ÂMES
(471p, 2006)
1919. Nord de l'Ontario. Niska, une vieille Indienne, attend sur un quai de gare le retour d'Elijah, un soldat qui a survécu à la guerre.
À sa grande surprise, l'homme qui descend du train est son neveu Xavier qu'elle croyait mort, ou plutôt son ombre, méconnaissable.
Pendant trois jours, à bord du canoë qui les ramène chez eux, et tandis que sa tante essaie de le maintenir en vie, Xavier revit les heures sombres de son passé : l'engagement dans l'armée canadienne avec Elijah, son meilleur ami, et l'enfer des champs de bataille en France...
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“Le chemin des âmes” c’est l’enfer des champs de batailles de Belgique et du nord de la France raconté par un amérindien, Xavier, enrôlé avec son ami d’enfance Elijah dans un bataillon canadien vite embourbé dans les tranchées durant des mois interminables face à l’envahisseur allemand.
"Le blessé gémit toujours ; il bredouille. Je crois qu'il s'est mis à parler une langue secrète ; je crois que déjà, il s'entretient avec l'esprit qui l'emmènera sur le chemin des âmes, celui qu'on met trois jours à parcourir."
“Le chemin des âmes” c’est aussi l’histoire de la tribu Cree en voie d’extinction, racontée par la tante de Xavier ; chamane pour les uns, sorcière pour les autres, c’est elle qui a recueilli Xavier et Elijah encore enfants, qui leur a appris à survivre en milieu hostile au cœur de la forêt.
"La Compagnie de la Baie d’Hudson entretenait chez les Crees une passion féroce pour les fourrures. En conséquence, les bêtes furent presque exterminées et l’heure arriva, pour les gens des bois, où même mes plus aguerris durent affronter un choix difficile : rejoindre les réserves ou se résoudre à mourir de faim."
Les deux gamins ont grandi ensemble, comme des frères, et finissent par s'engager dans l'armée canadienne pour aller combattre sur le front.
Si Elijah s'adapte très vite devenant un tireur d'élite, Xavier ne se sent pas à sa place, mais suit son ami : ils traquent les Allemands, comme ils traquaient le gibier dans la forêt, ce qui les rend très vite indispensables.
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Ce livre est bien plus qu'un récit supplémentaire sur la Première Guerre mondiale.
Un thème moins connu d'abord, celui des ces indiens Cree, partis (3500) avec les Canadiens dans les tranchées en 14-18, "utilisés" pour leurs talents de chasseurs silencieux et de tireurs d'élite (histoire inspirée d'ailleurs de la vie d'Ojibwa Francis Pagahmagabow, héros amérindien de la Première Guerre Mondiale, dont il se dit qu'il aurait tué à lui seul plus de 300 soldats allemands) et parallèlement, l'histoire de ces mêmes indiens qui peu à peu perdent leur mode de vie millénaire pour échouer dans les villes ou dans les réserves.
Critique ActuaLitté : "Après la lecture du chemin des âmes, cette maudite guerre revêt âprement son caractère mondial, se déleste entièrement de la rivalité franco-allemande à laquelle elle est souvent et maladroitement encore réduite, ouvre notre horizon de lecteur français, modifie un peu notre devoir de mémoire. Et c'est très bien."
RARE
❤❤
° à rapprocher de "Frères d'âme" de David Diop qui a circulé parmi nous....
° croisement avec "Il pleuvait des oiseaux"/J.Saucier (pour les incendies décrits dans ce roman)( mail du 03/12/2015)
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II- LES SAISONS DE LA SOLITUDE
(474p, 2009)
Les Saisons de la solitude reprennent la trame de cette oeuvre puissante, entremêlant deux voix et deux destins : Will, (fils de Xavier Bird), un ancien pilote plongé dans le coma après une agression, et Annie, sa nièce, revenue d'un long et pénible voyage afin de veiller sur lui. Dans la communion silencieuse qui les unit, se lisent leurs drames et conflits les plus secrets. Prend alors forme une magnifique fresque, individuelle et familiale, qui nous entraîne de l'immensité sauvage des forêts canadiennes aux gratte-ciel de Manhattan.
Ce roman saisissant, porté par la poésie brute de Joseph Boyden et l'humanité de son regard, a été couronné par le plus grand prix littéraire canadien, le Giller Prize.
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Cette fois encore, Boyden s’intéresse à la communauté Cree, indiens de la baie James, au nord du Canada. Alors qu’il explorait l’histoire et la Première Guerre mondiale dans Le chemin des âmes, il renoue ici avec le temps présent.
Avec Les saisons de la solitude, dans une prose poétique et désenchantée, Joseph Boyden donne à voir l’envers du mythe indien et déroule la destinée d’un peuple à la dérive sur un mode binaire : la voix de Will/la voix d’Annie, la jeune génération/les aînés, la tradition/la modernité, le nord /le sud, la froidure/la chaleur, les grands espaces/les villes…
- "Tout le monde prétend qu'il est dangereux d'apprivoiser un animal sauvage. Mais pour qui? Pour l'animal ou pour l'homme?"
- "Quand je suis devenu pilote de la forêt, mon père a été bouleversé comme je ne l'avais jamais vu. Il n'était pas du genre à me dire ce que je devais ou ne devais pas faire. Il appartenait à la vieille école. Il observait avec attention, mais de loin. Construire un askihkan pour s'abriter durant l'hiver. Couper du bois. Poser un collet pour les lapins. Chaque fois que nous étions dans la forêt, je ne le quittais pas des yeux. Il ne donnait son avis que si je le lui demandais. Les souvenirs que j'ai de nous deux, c'est comme regarder un de ces vieux films muets. Le silence, mais un silence qui m'enveloppait comme d'une couverture."
- "Mon père me disait donc que dans la forêt, je devais me consacrer en priorité à trouver de quoi manger, de quoi faire du feu et de quoi me construire un bon abri. Il y avait une chose qu' il ne mentionnait pas : le manque de compagnie.../...Je me surprenais parfois à parler tout seul, ou aux arbres, ou encore à un lapin ou à une truite que j' avais attrapés,..."
❤❤
Splendide cantique à la mémoire d’un peuple évanescent.
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III- ["Dans le grand cercle du monde", « préquel » qui remonte dans l'histoire de la famille Bird, et dans celle du Canada, jusqu'au XVIIe siècle, pour mettre en présence trois personnages principaux : un guerrier Huron, une adolescente Iroquoise et un missionnaire jésuite français.]
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Belles lectures !
Le polygame solitaire de Brady Udall
isabelle_aubry
12/05/2020
Livre de la bibliothèque de Melun.
Autre roman de cet auteur :
"Le miraculeux destin d'Edgar Mint".
4ème de couverture :
Après Le Destin miraculeux d’Edgar Mint, Brady Udall raconte l’histoire exceptionnelle d’une famille non moins exceptionnelle.
À quarante ans, le très mormon Golden Richards, quatre fois marié et père de vingt-huit enfants, est en pleine crise existentielle.
Son entreprise de bâtiment bat de l’aile, son foyer est une poudrière minée par les rivalités et les menaces d’insurrection.
Rongé par le chagrin depuis la mort de deux de ses enfants, il commence sérieusement à douter de ses qualités de père et de sa capacité à aimer. Golden Richards, tragiquement fidèle à ses idéaux, se sent seul. Mais dans le désert du Nevada, il va découvrir que l’amour est une mine inépuisable.
Porté par une verve aussi féroce qu’originale, Le Polygame solitaire nous parle avec humour du désir et de la perte, de la famille et de l’amour.
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Brady Udall, qui a grandi dans une famille de mormons, s'est inspiré de son arrière grand-père pour imaginer le personnage de Golden, dont il a fait un héros éminemment sympathique (quoique un peu tête à claques par moments...) Il est touchant parce qu'il est aussi fort physiquement que doux de caractère, et on comprend vite qu'il ne dirige rien dans sa pléthorique famille. Ce sont ses femmes qui font la loi, surtout l'épouse n°1.
Golden, lui, est complètement dépassé, parce que la famille d'un polygame, c'est une famille nombreuse puissance dix. Et la famille Richards est en pleine désintégration entre rivalités féminines et rebellions enfantines.
A la suite d'une "rencontre" dans le désert du Nevada, il va trouver le moyen d'échapper à son quotidien et de mener une double vie....
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EXTRAITS :
- "Golden avait si longtemps tenu son amour en réserve pour le distribuer avec parcimonie, petit bout par petit bout, et en général en secret afin que personne ne soit jaloux. Quand il prenait un enfant dans ses bras ou qu'il lui donnait un chewing-gum, il était obligé de prendre tous les autres dans ses bras et de leur donner à chacun un chewing-gum, même si cela l'obligeait à se rendre un samedi soir à la station-service Shell pour en acheter. Il devait mesurer ses compliments, ses baisers et ses cadeaux quels qu'ils soient. Au fil du temps, il avait appris à adopter en présence de sa famille une attitude de neutralité, une expression impassible afin de ne pas être accusé de favoriser un enfant ou une femme, d'aimer untel plus qu'untel ou d'avoir des chouchous. La moindre attention devait être soigneusement pesée et exécutée avec la précision et l'art d'un voleur de bijoux."
- "Bien que Golden n'ait jamais entendu un membre de l'Église [mormone] aborder la question des préservatifs en tant que tels, le " Fléau du Contrôle des naissances" faisait l'objet de nombreuses conversations. C'était une monstruosité, de l'égoïsme à l'état pur, un péché mortel, une dépravation, la décadence et le chute de la civilisation. Il empoisonnait les sources de la vie, se moquait de Dieu et de Ses Commandements, dont le plus fondamental était de multiplier et de peupler la Terre. Le préservatif, dans son emballage brillant, était donc la personnification du vice universel, l'antithèse de tout ce que représentaient l'Église et ses membres fiers d'être prolifiques."
- "Bien que tout le monde dans la vallée sache que les Richards étaient une famille polygame et qu'il suffise de jeter un coup d’œil sur sa chemise pourrie pour se rendre compte que Rusty était un gamin polyg, on lui avait appris dès son plus jeune âge, de même qu'à ses frères et sœurs, à ne jamais dire qu'ils avaient plus d'une mère et plus de frères et sœurs que des gens normaux ne devraient en avoir. Ils n'étaient pas censés mentir, leur expliquaient parents et professeurs, mais ils n'étaient pas non plus censés dire la vérité. Allez donc vous y retrouver !"
- "Rusty (...) demanda pourquoi il fallait réciter une foutue prière chaque fois qu'on mangeait ou buvait quelque chose, et pourquoi on ne pouvait pas de temps en temps se payer un jus d'orange sans en faire tout un plat ?"
- "Avant de partir, et sans bien qu'il sache pourquoi, Golden déclara [à une de ses quatre femmes] qu'il l'aimait, alors qu'il avait appris à ses dépens de ne jamais le dire à aucune (...) car, comme pour tout le reste, elles ne cessaient de répéter, de comparer et de compter les points."
- "...pour un polygame, mentir se révélait exceptionnellement difficile. Quand on disait un mensonge à une femme, il fallait le répéter aux autres. Et toutes posaient des questions auxquelles on devait répondre avec cohérence et force détails, et dans l'ordre voulu, parce qu'on pouvait être sacrément sûr qu'ensuite, à l'exemple des détectives tenaces d'un feuilleton télévisé enquêtant sur un meurtre sensationnel, elles se réuniraient afin de comparer leurs notes."
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Roman fort plaisant.
Immersion intéressante dans une famille hors du commun, plus "divertissante" (sans être caricaturale) que celle décrite dans "Une éducation" de Westover.
Un petit bijou qui allie l'humour au tragique du quotidien, avec doigté et finesse ; ce n'est jamais vulgaire ni larmoyant et reste tout à fait crédible.
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Le polygame solitaire où le tragique frôle le burlesque.....
« Un sérieux candidat au titre de Grand Roman Américain. » Publishers Weekly
« Le portrait ironique et sympathique d’une famille spectaculairement dysfonctionnelle. » The New York Times
❤
M'sieur Victor de Pascal Garnier
isabelle_aubry
12/05/2020
Livre de la bibliothèque de Melun.
Aperçu :
Pascal Garnier [1949-2010] (que l'on ne présente plus^^ !), habitué de nos rencontres littéraires.
"J'écris parce que, comme disait Pessoa : " La littérature est bien la preuve que la vie ne suffit pas "".
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4éme de couverture :
Simon vient de s'enfuir de chez lui et débarque en gare de Valence.
A peine est-il arrivé qu'une jeune femme lui demande de surveiller son fils le temps d'acheter des cigarettes. Elle ne revient pas, et le garçon se retrouve seul avec le bébé sur les bras...
A la nuit tombée, désespéré, il s'assied dans un coin de la ville quand surgit un drôle de gaillard, Victor de Montéléger, qui l'invite à passer la nuit chez lui. Brocanteur à ses heures, débordant de vie et de générosité, le bonhomme se prend d'affection pour Simon et l'enfant. Il est prêt à leur venir en aide.
Un roman sensible sur les familles de cœur qu'on se crée au hasard de la vie.
Livre classé "jeunesse", un Garnier plus tendre.....
Extraits :
- " - Tu sais, mon gars, si tu as quelque chose à me dire, n'hésite pas. Mais, si tu n'as pas envie, je ne t'en voudrai pas. On a tous une valise à porter, et parfois, quand elle est un peu trop lourde, en s'y mettant à deux, c'est plus facile."
- "Une vague de honte me monte au front. C'est ça le problème, avec les mensonges. Une fois qu'on a commencé, on ne peut plus revenir en arrière, comme emporté par le courant d'un fleuve. Qu'est-ce qui m'a pris de lui raconter que j'étais orphelin ? Maintenant, je me sens aussi coupable que si j'avais tué toute ma famille."
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Écriture simple et agréable de Pascal Garnier pour une histoire belle et optimiste...
❤
Belles lectures !
Rien n'est noir de Claire Berest
isabelle_aubry
12/05/2020
Aperçu :
Claire BEREST : née le 14 juillet 1982 à Paris, est une écrivaine française. Diplômée d'un Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM), elle enseigne quelque temps en ZEP avant de démissionner : en a fait un livre.
"La lutte des classes : Pourquoi j'ai démissionné de l'Éducation nationale" éditions Léo Scheer, 2012.
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Ce livre (roman) nous plonge dans la vie de l'artiste-peintre mexicaine Frida Khalo (1907-1954).
Autoportrait avec Bonito !
Elle eut une vie hors norme : atteinte enfant de la polio, victime à dix-huit ans d'un grave accident de bus qui lui laissa de terribles séquelles, elle se forma elle-même à la peinture, épousa Diego Rivera, peintre mexicain mondialement connu pour ses fresques murales, devint elle-même célèbre pour ses oeuvres uniques.
Personnalité solaire et au tempérament de feu superbement rendue par Claire Berest dans un style d'écriture brillante, toujours colorée, sensuelle, une belle sensibilité à fleur de mots. L'auteur nous fait ressentir tout le mal être de l'artiste mais également ses joies, son honnêteté, sa volonté de vivre au travers de sa peinture et de son histoire d'amour passionnée avec le muraliste Diego Rivera.
Claire Berest nous fait vivre les amours tumultueuses de deux êtres passionnés : cette passion à la fois destructrice et source de création...
Elle nous peint avec précision cet univers d'artistes où toutes les occasions sont bonnes à faire la fête, où les classes en lutte se réconcilient le temps d'une cuite.
"Les fêtes ne se terminent pas, elles se déplacent...."
Frida parle haut et fort, avec son corps fracassé et ses manières excessives d'inviter la muerte et la vida dans chacun de ses gestes.
Elle jure comme un charretier, boit des trempées de tequila, et elle ne voit pas où est le problème.
Elle aime les manifestations politiques (elle est encartée au parti communiste), mettre des fleurs dans les cheveux, parler de sexe crûment, et les fêtes à réveiller les squelettes.
Et elle peint. Frida aime par-dessus tout Diego, le peintre le plus célèbre du Mexique, son "crapaud insatiable", fatal séducteur, qui couvre les murs de fresques gigantesques.
"Tu es en train d’asseoir ta renommée, ton talent s’affermit, et au moment où les gens commencent à s’intéresser à Frida Kahlo, à comprendre que tu es une des artistes les plus importantes de l’époque, toi tu rentres te cacher à Coyoacán, avec tes poupées et tes animaux et tes superstitions au lieu de te jeter dans l’arène, de te battre et de prendre de l’ampleur.– Qu’est-ce que tu veux ? Je ne suis pas toi, Diego, j’ai essayé, mais je ne suis pas toi. Je n’ai pas envie d’être célèbre. Je me fous de l’arène, je me fous de ces pince-fesses de bourgeois, je ne suis pas en train de forger une carrière. Moi, je ne me bats pas, Diego ? Je passe la moitié de ma vie à l’hôpital à me faire charcuter comme si j’étais un bout de viande sur l’étal d’un boucher ! Je ne suis pas malade, je suis brisée ! À Paris, j’ai cru que j’allais mourir. J’ai mal partout, j’ai mal tout le temps. Je ne parviens pas à imaginer ce que c’est que de ne pas ressentir de douleurs dans le dos, dans les mains, dans les jambes, dans le ventre. Je n’ai pas des pieds, j’ai des sabots, on m’a déjà enlevé des orteils, je boite ; dans les cabarets, je ne peux plus que regarder les autres danser. Je ne compte même plus mes fausses couches. Quatre, cinq ou six ? Et tu me dis que je ne me bats pas ? Je vis avec toi depuis dix ans, et tu oses dire que je ne me bats pas."
Chaque titre de chapitre est une nuance de bleu, de rouge, de jaune et de noir. Toute une vie qui s'étale sur une palette !.
Une belle lecture et une excellente façon de (re)-découvrir Frida et Diego dans le Mexique des années 30.
❤
Belles lectures !
isabelle_aubry
12/05/2020
Livre de la bibliothèque de Melun.
Aperçu : roman traduit du catalan par E.Raillard.
A propos de l'auteur : Jaume Cabré i Fabré, né le 30 avril 1947 à Barcelone, est un philologue, écrivain et scénariste espagnol d'expression catalane.
Il a combiné pendant de nombreuses années, l'écriture et l'enseignement. Il a également travaillé à l'écriture de scénarios pour la télévision et le cinéma.
Prix Courrier international du meilleur roman étranger, 2013.
A propos du titre :
Confiteor (Deo omnipotenti...) est le titre d'une prière liturgique, commune aux rites latins médiévaux et modernes, commençant par le verbe latin qui signifie : « Je reconnais, j'avoue » ; d'où la traduction liturgique française « Je confesse (à Dieu, tout puissant...) ». Par cette formule, le fidèle se reconnaît pécheur.
C'est du Confiteor romain que vient l'expression courante « Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa » (« c'est ma faute, c'est ma faute, c'est ma très grande faute ») que le fidèle dit en se frappant la poitrine.
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Barcelone années cinquante, le jeune Adrià grandit dans un vaste appartement ombreux, entre un père qui veut faire de lui un humaniste polyglotte et une mère qui le destine à une carrière de violoniste virtuose.
Brillant, solitaire et docile, le garçon essaie de satisfaire au mieux les ambitions démesurées dont il est dépositaire, jusqu'au jour où il entrevoit la provenance douteuse de la fortune familiale, issue d'un magasin d'antiquités extorquées sans vergogne.....
Un demi-siècle plus tard, juste avant que sa mémoire ne l'abandonne (début d'Alzheimer), Adrià tente de mettre en forme l'histoire familiale, dont un violon d'exception, une médaille et un linge de table souillé constituent les tragiques emblèmes.
De fait, la révélation progressive ressaisit la funeste histoire européenne et plonge ses racines aux sources du mal. De l'Inquisition à la dictature espagnole et à l'Allemagne nazie, d'Anvers à la Cité du Vatican, vies et destins se répondent pour converger vers Auschwitz-Birkenau, épicentre de l'abjection totale.
Sara, la femme tant aimée, est la destinataire de cet immense récit relayé par Bernat, l'ami envié et envieux dont la présence éclaire jusqu'à l'instant où s'anéantit toute conscience.
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Attention !!!! Monument !!!
Lire Confiteor c'est faire le grand plongeon dans ces presque 800 pages, avec ou sans boussole. Un monument qui a pris huit années à son auteur…
C'est une expérience de lecture exigeante, un poil érudite, perturbante, fascinante, épuisante, réjouissante… Tout cela à la fois.
Et je n'oublie pas "l'humour" dont ce récit ne manque pas ...
Adrià est né de parents qui ne l’aiment pas vraiment mais qui veulent à tout prix en faire un prodige, et celui-ci a toute les dispositions pour, semble-t-il.
Sa mère voudrait en faire un grand du violon, son père a décidé qu’il serait un grand humaniste à même de jongler avec au moins une dizaine de langues.
"Oui, je me suis toujours beaucoup ennuyé, parce que ma maison n’était pas une maison pensée pour les enfants et que ma famille n’était pas une famille pensée pour les enfants."
"-Pourquoi chez les Jésuites ? Tu n'es pas croyant et....
-Enseignement de qualité. Nous devons être efficaces; nous n'avons qu'un fils et nous ne pouvons pas foirer."
Le père, Félix Ardevol, est par ailleurs un collectionneur compulsif, collectionnant les manuscrits originaux, sans trop se questionner sur leur origine. Mais le fleuron de sa collection est un violon. Un violon d’une valeur inestimable, œuvre exceptionnelle de Laurenzo Storioni, jeune luthier de Crémone. Un violon qui dès son origine connaîtra et provoquera des histoires pleines de bruit et de fureur, et, parfois aussi, de musique.
Dans les années qui suivront la mort brutale et inexpliquée du père, Adrià découvrira petit à petit les histoires qui ont conduit le Storioni dans le coffre familial tout en découvrant l’histoire bien trouble de sa famille.
Sur le tard, la maladie le talonnant, il est pris par la nécessité d’écrire tout cela, d’urgence avant que celle-ci n’ait fait son œuvre. Cette maladie d’Alzheimer qui à tout moment déstructure le récit, saute d’un lieu à l’autre, d’un siècle à l’autre, d’une situation à une autre, qui fusionne les personnages…
Mais l’effondrement de la classique logique des récits « bien construits » finit par mettre à nu les fils de l’histoire, ses continuités au-delà de toutes les ruptures contingentes ou accidentelles. De l’Inquisition à Auschwitz Birkenau, du monastère de San Pere de Burgal à Barcelone en passant par Crémone, la Hollande, Tübingen… quelque chose se poursuit ou se répète, inéluctablement.
"Parfois, je ne comprends pas pourquoi les hommes échangent surtout des coups alors qu'il y a tant de choses à faire. Parfois, je pense qu'avant d'être poètes nous sommes mauvais, irrémédiablement."
Cette histoire du mal à travers les siècles, au nom des idéaux de pureté ou de la musique, mais surtout motivé par la soif de possession et de domination, est aussi le récit d’une course contre la maladie, contre ce qui brouille et embrouille le sens des choses, faisant exploser la vérité en une multitude de fragments incompréhensibles.
Un roman hors norme qui n’est pas juste un roman de plus sur la difficulté de la mémoire, individuelle ou collective.
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Au début de la lecture, ce qui est déconcertant dans ce roman, c'est l'absence de chronologie et de repères de ponctuation classiques, mêlant style direct et indirect. C'est bien sûr en cela que ce roman n'est pas d'un abord facile dans les premières pages. Il faut accepter qu'un paragraphe, et même une phrase parfois, s'achève à une époque et avec des personnages différents entre le début et la fin !....que Adria, narrateur, parle de lui aussi bien à la première personne qu'à la troisième....!!......
Insolite donc, inconfortable évidemment, au début ; et puis, bien sûr, on s'habitue à cette structure flottante, à cette petite gymnastique intellectuelle. C'est sûrement excellent pour les neurones...

