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Dans Livre

Va où la rivière te porte de Shelley READ

Par Le 06/04/2026

Bonjour à tous !

 

SHELLEY READ :

 

 a été maître de conférences à la Western Colorado University pendant près de trente ans, où elle a enseigné l'écriture, la littérature et les études environnementales.

"Là où la rivière te porte" ("Go as a River", 2023), son premier roman, s'inspire de sa terre natale.

Elle vit avec sa famille dans les monts Elk du Colorado. 

 

 
                                   

4ème de couverture :

 

Victoria Nash a dix-sept ans, et elle gère d'une main de maître le verger de pêches de son père, à Iola, petite ville du Colorado nichée entre les montagnes de la Big Blue Wilderness et la rivière Gunnison.

Lorsqu'elle rencontre par hasard Wilson Moon dans les rues d'Iola, la vie semble lui sourire. Wil est un jeune vagabond au passé mystérieux, à la peau brune et aux yeux aussi noirs et brillants que des ailes de corbeau. L'étincelle qui s'allume entre eux va déclencher autant de passion que de malheurs.
Au cœur des lacs, des montagnes, des rivières, Victoria doit faire face aux changements de son temps tout en sauvant sa propre vie et celle de son verger.

 

                                      

Dans Livre

La laveuse de mort de Sara OMAR

Par Le 06/04/2026

Bonjour à tous !
Voici un livre de la médiathèque de Melun.
SARA OMAR :

Née à Sulaymaniyah (Iraq) , le 21/08/1986

Née dans une province du Kurdistan, Sara Omar s'est réfugiée au Danemark à la fin des années 1990. (Suite au massacre après  l'attaque chimique  d' Halabja, guerre Iran-Iraq 1988)
Diplômée en sciences politiques, elle est la première romancière kurde à entrer sur la scène littéraire internationale. 
Sara Omar est engagée auprès de nombreuses organisations et associations telles que Crossing Border, Amnesty International ou encore L' Association danoise de l'ONU pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants, les crimes d'honneur, les mutilations sexuelles et le contrôle social.
 La Laveuse de mort, tome inaugural d'une série de 3 livres centrée autour du personnage de Frmesk, est son premier roman. (traduit du danois)

 
Kurdistan, 1986. Lorsque la frêle Frmesk (signifie "larme") vient au monde, elle n’est pas la bienvenue aux yeux de son père. Ce n’est qu’une fille. De plus, son crâne chauve de nourrisson porte une petite tache de cheveux blancs. Est-ce un signe d’Allah ? Est-elle bénie ou maudite ?
La mère de Frmesk craint pour la vie de sa fille. Quand son mari menace de l’enterrer vivante, elle ne voit d’autre solution que de la confier à ses propres parents.
Gawhar, la grand-mère maternelle de Frmesk, est laveuse de mort. Elle s’occupe du corps des femmes que personne ne réclame, ne veut toucher ni enterrer : des femmes assassinées dans le déshonneur et la honte. 
Le grand-père est un colonel à la retraite qui, contrairement à sa femme, ne lit pas uniquement le Coran mais possède une riche bibliothèque. Ce foyer bienveillant ne parviendra qu’un temps à protéger Frmesk des inexorables menaces physiques et psychologiques qui se resserrent sur elle, dans un pays frappé par la guerre, le génocide et la haine.
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La mort est omniprésente dans ce roman non seulement à travers la guerre Iran-Iraq qui frappe le pays mais également pour les femmes, et n’épargne pas celles de la famille ou du voisinage de Fremsk lorsque le doute s’installe sur leur pureté ou fidélité mais également par le rôle tenu par Gawhar, sa grand-mère, assumant le rôle de laveuse de mort, celle qui fait la toilette des femmes mortes abandonnées, mutilées, torturées, oubliées de leurs familles et leur donne un aspect digne et propre pour le dernier voyage.

Ce roman, premier volet d’une saga autour du personnage de Frmesk, raconte de la naissance jusqu’à l’âge de 5 ans l’enfance de la fillette, une enfance faite de violences dans un pays déchiré par la guerre et les exactions, meurtres commis au nom d’un Dieu, d’une croyance, de l’ignorance.

    
Ce récit nous est relaté par Frmesk elle-même, (elle a 30 ans), en 2016 au Danemark alors qu’elle vient de subir une opération dans un hôpital. Elle confie à son ordinateur ses pensées, ses souvenirs tout en se méfiant de tout et de tout le monde. Elle est dans une tension permanente, terrifiée à l’idée d’être identifiée.
Plusieurs fois, elle s’était fait la réflexion que ce devait justement être cela, la plus grande faiblesse de l’homme : de croire aveuglément et de placer toute sa confiance en une puissance supérieure qui, au lieu d’améliorer les choses, ne faisait que les aggraver. 
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Un coup de
Dans Livre

Avant que le monde ne se ferme de ALAIN MASCARO (251p, 2021)

Par Le 13/01/2024

 

BONJOUR,
Je viens de terminer ce livre de la bibli de Villeneuve le Comte;
Alain MASCARRO :
né le 23 avril 1964,
Professeur de Lettres (actuellement en disponibilité)

"En juillet 2019, ma compagne et moi avons largué les amarres pour un voyage sans date de retour. Après avoir parcouru le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan, l’Iran, le Népal, l’Inde, la Birmanie et le Cambodge, nous nous sommes retrouvés bloqués en Thaïlande par la pandémie. C’est en grande partie durant ce confinement thaïlandais que j’ai écrit mon premier roman « Avant que le monde ne se ferme ». Il a ensuite été retravaillé en Patagonie chilienne…"
L'auteur a reçu pour ce premier roman le Prix Première Plume et Talents Cultura 2021.
(années 30)
Anton Torvath est tzigane et dresseur de chevaux. Né au coeur de la steppe kirghize peu après la Première Guerre mondiale, il grandit au sein d'un cirque, entouré d'un clan bigarré de jongleurs, de trapézistes et de dompteurs. Ce " fils du vent " va traverser la première moitié du " siècle des génocides ", devenant à la fois témoin de la folie des hommes et mémoire d'un peuple sans mémoire. Accompagné de Jag, l'homme au violon, de Simon, le médecin philosophe, ou de la mystérieuse Yadia, ex-officier de l'Armée rouge, Anton va voyager dans une Europe où le bruit des bottes écrase tout. Sauf le souffle du vent...
 A la fois épopée et récit intime, Avant que le monde ne se ferme est un premier roman à l'écriture ample et poétique. Alain Mascaro s'empare du folklore et de la sagesse tziganes comme pour mieux mettre à nu la barbarie du monde.
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Anton est un fils du vent. Il vit pour les grands espaces, les roulottes qui avancent au gré des chemins, les récits qui se racontent au coin du feu et les spectacles sous son chapiteau. Anton est tzigane et épris de liberté. Quand les jours sombres de la seconde guerre mondiale attrapent sa famille, sa troupe, son peuple, il subit, endure, affronte. La tête haute et le regard vers l'horizon, il reviendra de cet enfer et tentera encore, d'une autre manière, de survivre…
On connaît la noirceur de la période nazie, sa violence, ses tortures, sa haine jamais inassouvie. La lumière de vie et de liberté qui bercent Anton ne disparaît pourtant jamais vraiment, même dans les temps les plus difficiles. Rescapé, il est rempli de tous les noms de ceux qu'il a vu s'éteindre. Des âmes qui l'ont maintenu debout, mais qui pèsent une fois revenu au monde, à la vie, au cirque. Il faut que Anton s'en libère....
 
Qu'il était doux, qu'il était simple, qu'il était heureux le temps d' "Avant que le monde ne se ferme". Ce temps où les Tziganes arpentaient les chemins du vent à travers l'Europe, ce temps où les frontières n'existaient pas : « On comprenait qu'on avait passé une frontière, quand soudain, on n'entendait plus parler la même langue ». 
Mais ça, c'était avant…
 
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Une très belle plume qui nous emmène pour un voyage au long cours dans différents pays du monde, mais aussi aux tréfonds de la barbarie humaine.
 
pour lire le début :
 
♥️♥️♥️♥️♥️
Belles lectures !
Dans Livre

Miniaturiste de Jessie Burton

Par Le 26/10/2022

Bonjour à tous !
 
Je viens de terminer ce livre de la bibliothèque de Melun.
 
JESSIE BURTON :
 
née le 17 août 1981 à Londres, est une autrice et actrice britannique. Elle est surtout connue au niveau international pour ce premier roman.
Depuis 2016, le livre s'est vendu à plus de 1 million d'exemplaires dans 37 pays.
Jessie Burton a étudié l'anglais et l'espagnol à l'Université d'Oxford, puis à la Central School of Speech and Drama (Londres)
 
L'action de ce roman se déroule au XVIIè siècle (1686-1687) à Amsterdam, et implique divers membres de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC, 1602-1799). 
 
 
Le roman est inspiré par la maison de poupée de Petronella Oortman (1656–1716), aujourd'hui au Rijksmuseum, (bien qu'il ne s'agisse pas d'un roman biographique).
Dans l'Amsterdam de l'âge d'or néerlandais, les riches épouses créent  des maisons de poupée, symboles de leur statut social (bois précieux pour les meubles, soieries orientales, faïences de Chine pour la vaisselle etc...)
Déjà célèbre au XVIIIè siècle, la maison de poupée d'Oortman a été achetée par l'État en 1821 et acquise par le Rijksmuseum en 1875.
 
L'intrigue :
 
(Petro)Nella, une jeune-fille pauvre de 18 ans habitant la campagne néerlandaise, arrive à la Courbe d'Or, le quartier le plus chic du Herengracht à Amsterdam, et qui abrite de nombreux membres de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC, 1602-1799), dans la maison de Johannes Brandt, un riche commerçant de 40 ans, qui l'a épousée, un mois plus tôt. 
Elle évolue dans une maison pleine de secrets jalousement gardés par Marin, l'austère sœur de Johannes (célibataire, économe, intendante), les deux seuls serviteurs, Cornelia et Otto ("Toot", peau couleur café, assistant de Johannes), et Brandt lui-même, qui la traite plus en amie qu'en épouse....

Brandt lui offre en cadeau de mariage une maison de poupée qui représente, en miniature, les neuf pièces de leur propre maison. Nella reçoit l'aide inattendue d'un (ou d'une) miniaturiste (en sculpture miniature d'objets décoratifs) local pour réaliser l'ameublement....
 
"Nella est heureuse d’avoir quitté Assendelft, mais elle n’est plus chez elle nulle part – ni là-bas dans les champs ni ici au bord des canaux. À la dérive, elle se sent prête à échouer entre l’idée qu’elle se faisait de son mariage et sa situation réelle ; et le cabinet (tradition des cabinets de curiosités), superbe et inutile, le lui rappelle horriblement. La défiance de Johannes envers elle commence à se révéler. Combien de fois a-t-il disparu à la Bourse, à la VOC, aux entrepôts près des tavernes de l’est, où les pommes de terre ont la chair la plus moelleuse ? Il ne s’intéresse pas du tout à elle. Il ne vient pas à l’église. 
Nella a jeté l’ancre, mais elle n’a pas trouvé où toucher terre. La chaîne la transperce – massive, impossible à arrêter, dangereuse – qui plonge dans la mer."
 
pour lire le début :
 
 
 
On pourrait reprocher un manque de profondeur dans l'étude de la psychologie  des personnages.....mais cela reste très très plaisant à lire !!!
 
Au sein de ce monde hostile, où le pouvoir des guildes le dispute à l'intransigeance religieuse et à la rigueur morale, la jeune Nella apparaît comme une figure féminine résolument moderne. Œuvre richement documentée et "conte fantastique" à la fois, Miniaturiste est un récit prenant et puissant sur la force du destin et la capacité de chacun à déterminer sa propre existence. 
 

❤❤❤❤ 

Belles lectures !
 

 

La vie qu'on m'a choisie de Ellen Marie Wiseman

Par Le 26/10/2022

Bonjour à tous !
 
Je viens de terminer ce livre de la bibli de V. le C.
Ellen Marie WISEMAN :
d'origine allemande, est née aux Etats-Unis. Elle est l'auteure de plusieurs romans, vendus en près de vingt langues.
"La vie qu'on m'a choisie" ("The Life She Was Given", 2017) est son quatrième roman et le premier traduit en français.
Autre roman, sorti en 2022 :  "Ce qu'elle a laissé derrière elle.(gros succès aussi)
                                     
                                      
Dans Livre

American Dirt de Jeanine CUMMINS

Par Le 26/10/2022

Bonjour à tous !

 

Je viens de terminer ce livre de la bibli de V. le C.

 
JEANINE CUMMINS :
est une romancière américaine, née le 6 décembre 1974 à Rota (Cadix) (Andalousie, Espagne). Elle grandit à Gaithersburg (Maryland, États-Unis).
Diplômée de l'Université de Towson, elle passe deux ans en Irlande comme serveuse de bar.
De retour aux USA en 1997, elle vit et travaille à New-York.

Sa première publication est un mémoire sur la tentative de meurtre contre son frère et l'assassinat de ses deux cousines dans le Missouri, en avril 1991. 
Son second ouvrage, le roman The Outside Boy, traite des Travellers, nomades irlandais, gens du voyage, Roms Pavees. 
L'action de son troisième roman se déroule durant la Grande famine irlandaise de 1845-1852.

Son quatrième livre, American Dirt.....
 
4ème de couverture :
 
Libraire à Acapulco au Mexique, Lydia mène une vie calme avec son mari journaliste Sebastián et leur fils Luca, malgré les tensions causées dans la ville par les puissants cartels de la drogue. Jusqu'au jour où Sebastián s'apprête à révéler dans la presse l'identité du chef du principal cartel ... 
La parution de son article, quelques jours plus tard, bouleverse leur destin à tous.
 
Désolée, pas de détails car récit en tension constante : un début sinistre , une angoisse permanente.... une réussite du genre !
 
pour lire le début :

Jeanine Cummins est accusée d'appropriation culturelle par l'écrivaine et militante mexicaine Myriam Gurba. Dans un article paru dans le blog Tropics of Meta au sujet du livre American Dirt , Myriam Gurba avance l'idée que Jeanine Cummins n'a pas la légitimité pour écrire des histoires mettant en scène des personnes issues d'autres communautés que la sienne.....

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Je pense qu'il s'agit là d'un ouvrage de grande qualité documentaire....
 
émotionnellement fort !! 
❤❤❤❤
Belles lectures ! 
Dans Livre

La couturière de F. De Pontes Peebles

Par Le 04/05/2022

F. De Pontes Peebles :
est née dans le Nordeste brésilien, à Pernambuco, et a grandi à Miami.

Elle est diplômée de l'Université de Texas à Austin et de Iowa Writers’ Workshop.
Elle a écrit de nombreuses nouvelles saluées par la critique. Elle a obtenu plusieurs prix dont Brazil’s Sacatar Artist’s Fellowship et Michener Copernicus Society of America Award.
autre roman : "L'air que tu respires".

"La couturière" est son premier roman.

4ème de couverture :
Brésil, 1920
Orphelines, Emilia et Luzia Dos Santos auraient pu être de modestes couturières unies à jamais dans l'adversité. Mais le destin en a voulu autrement et elles seront bientôt séparées par les déchirements d'un pays en proie aux coups d'Etat et aux révoltes populaires. 
Tout opposera en effet les deux sœurs : - Emilia qui ne connaîtra que tourments et désillusions en épousant un notable de Recife,
- et Luzia qui sera kidnappée par un des plus célèbres Cangaceiros, ces bandits mercenaires qui terrorisent les propriétaires terriens. 
 
Frances de Pontes Peebles fait revivre ici l'histoire tumultueuse du Brésil de son enfance et brosse le portrait saisissant de deux femmes extraordinaires.
à propos des Cangaceiros :
Le Cangaço prend forme dans la région du Nordeste au Brésil de la moitié du XIXe siècle au début du XXe siècle. Dans cette région aride et très difficile à cultiver (le sertão), les rapports sociaux sont particulièrement durs et les inégalités plus criantes qu’ailleurs. Le Cangaço apparaît ainsi comme une forme de révolte contre la domination des propriétaires terriens et le gouvernement. Beaucoup d’hommes et de femmes ont décidé de devenir des bandits nomades (les cangaceiros), errant dans les grandes étendues de l’arrière-pays, cherchant de l’argent, de la nourriture, dans un esprit de vengeance. Les cangaceiros peuvent être vus comme des guérilleros avant l’heure.
(ex. ci-dessousLampião et sa femme Maria Bonita qui auront sans doute inspiré l'auteure) 
(Les têtes des cangaceiros et de Lampião exposées au public, après leur mort en 1938.)
Bon roman épique...
♥️♥️♥️♥️
Belles lectures !
Dans Livre

77 de Marin Fouqué

Par Le 04/05/2022

Marin Fouqué :
né en 1991, Marin Fouqué est diplômé des beaux-arts de Cergy.
Il vit en Seine-Saint-Denis, anime des ateliers d'écriture, étudie le chant lyrique et pratique la boxe française. Il écrit de la poésie, du rap, des nouvelles, et compose sur scène des performances mêlant prose, chant et musique.

77, son premier roman publié par Actes Sud en 2019, a été très remarqué par la critique et lui a valu une bourse de la fondation Lagardère.
G. A. V.  (garde à vue) est son deuxième roman. 
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4ème de couverture :
Chaque matin depuis la rentrée, ensommeillés, mutiques, mal lunés, ils se retrouvent au point de ramassage – le grand Kevin, la fille Novembre, le Traître, les faux jumeaux, et puis lui. Aujourd’hui, il ne montera pas dans le car scolaire, il va rester seul au bord de la route, sous l’abribus, sous sa capuche, toute la journée. À regarder passer les voitures. À laisser son regard se perdre sur les terres du “sept-sept”, ce département vague entre Paris et la province, entre boue et bitume, où les villes sont de simples bourgs et les champs de mornes étendues de camaïeu brun. À se noyer dans les souvenirs d’avant l’été, quand le Traître s’appelait encore Enzo et qu’avec la fille Novembre ils formaient un trio inséparable.....
 
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C’est un récit écrit d’un jet continu, sans chapitre, sans alignement.
Un peu perturbant au départ mais nécessaire, totalement approprié comme un flot de paroles continu, un grand monologue qui raconte le quotidien d’un ado en capuche dans le 77, au corps frêle, qui se planque sous cette fichue capuche.
Par flash back successifs, il nous raconte son bled, (Vernou la Celle sur Seine près de Montereau) ses champs marron, le père Mandrin sur son tracteur, la vieille, les vieux qui jouent au loto, la parisienne, ce qui a fait que son pote Enzo soit devenu le traître, …
Il nous conte l’arrivée du grand Kevin qui fera de lui un autre....
Le 77 est symboliquement représenté comme un espace qui ne se construit qu’en opposition, comme une nécessaire résistance à une menace démultipliée, celle des tentatives d’absorption de Paris. La peur d’être avalé et de disparaître, proférée à plusieurs reprises par le père Mandrin juché sur son tracteur, cet oracle menaçant, est un leitmotiv du récit. Il faut à tout prix « éviter que notre village devienne un repère de racailles ou pire : une extension de Paris ».
Il serait bien commode de se contenter de lire le roman de Marin Fouqué comme un récit de la vacuité de l’existence de ces jeunes qui ne sont ni à Paris, ni vraiment en banlieue urbaine, qui ne sont même pas des racailles, malgré quelques tentatives avortées. 
Certes, le désœuvrement est le maître mot d’une jeunesse qu’on voudrait voir perdue, et qui est sans aucun doute abandonnée, qui s’abandonne aussi à elle-même. Et les portraits que Marin Fouqué fignole avec une justesse remarquable ne sont pas sans évoquer cette question fondamentale et éminemment politique de la place qu’une société accorde à sa jeunesse, à toute sa jeunesse et pas seulement à celle des élites sociales et scolaires, les deux étant encore trop souvent confondues.
extraits :
- "Chaque matin, le vertige me prenait, vertige des journées qu'il devait passer là, seul, en assumant entièrement le vide. Sans notre petite bande, cette étendue de terre, c'était le vide. Vide des camping-cars, vide des hangars, vide du silo, vide de la benne, vide maison de la sorcière, vide la rue, vides les grands champs, vides les sillons de la Vieille. Même le père Mandrin et ses monologues, vides. Et très vite, selon mes professeurs, vide ma tête. Et mes poings serrés face aux rires de la cour de récréation, vides. Alors un matin, naturellement, comme y en a qui décident de se foutre sous un train, je suis resté sur le banc."
-  "Et puis c'est comme si j'étais pas là : j'ai ma capuche. Planquer sa face fine sous la capuche. Utile dans toutes les situations, la capuche. C'est comme fumer, je l'ai compris plus tard. D'accord, t'as un peu l'air louche aux yeux de certains, avec ta masse sombre sur le crâne, l'ombre qui tombe sur le regard, ou bien tes odeurs de shit dans le bec. Mais c'est toujours mieux que d'être là à attendre, droit comme un I ou affalé sur un banc, le regard dans le rien ou pire : à fixer quelqu'un. Et puis, on est comme des chiens dangereux : les gens normaux préfèrent nous voir avec des muselières, même si ça fait encore plus flipper. Alors les capuches, c'est nos muselières : pour cacher nos gueules. C'est pas de moi, ça, c'est du grand Kevin. Il aime les mots, celui-là. Moi, je me dis qu'au moins, avec ma capuche, on sait pas ce que je regarde donc on sait pas où je me promène. Je me promène toujours sous ma capuche. Faut pas croire."
 
-"Il me maravait la gueule et j'aimais ça. Je hurlais de douleur et de plaisir. Ce n'était pas un jeu de môme avec les vers, ce n'était pas un défi pour passer l'ennui du loto, pas non plus une victimisation seul contre un groupe, encore moins le règlement de comptes de deux victimes. Non. Je l'avais accepté, je l'avais choisi, il était sérieux, il me voulait du bien. C'était mon massacre, le mien, pour moi. Mon offrande. Mon cadeau. Mon sacre de douleur. Devenir un homme."
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L’écriture est tranchée, saccadée, façon slam percutant, c’est un long monologue sonore et sensible. Poétique ? à sa manière.
Quelle force d’écriture !. 
pour lire le début :
Voix singulière, mémorable.
Public averti .....
Belles lectures !
❤❤❤❤