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Je suis une légende de R. Matheson
Par
isabelle_aubry
Le 24/01/2021

Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l'ultime survivant d'une espèce désormais légendaire.
Parfaitement calibré sur 3 années et avec un art très cinématographique mêlant flash back, ellipses et rencontres inopinées, Matheson sait maintenir le rythme et ménager quelques chutes à suspense pour tenir son lecteur en alerte. Sans pour autant trop en faire.
Le pays des autres de L. Slimani
Par
isabelle_aubry
Le 24/01/2021
"En 1944, Mathilde, une jeune Alsacienne, s'éprend d'Amine Belhaj, un Marocain combattant dans l'armée française.
Après la Libération, elle quitte son pays pour suivre au Maroc celui qui va devenir son mari. Le couple s'installe à Meknès, ville de garnison et de colons, où le système de ségrégation coloniale s'applique avec rigueur.
Amine récupère ses terres, rocailleuses ingrates et commence alors une période très dure pour la famille.
Mathilde accouche de deux enfants : Aïcha et Sélim.
Au prix de nombreux sacrifices et vexations, Amine parvient à organiser son domaine, en s'alliant avec un médecin hongrois, Dragan Palosi, qui va devenir un ami très proche.
Mathilde se sent étouffée par le climat rigoriste du Maroc, par sa solitude à la ferme, par la méfiance qu'elle inspire en tant qu'étrangère et par le manque d'argent. Les relations entre les colons et les indigènes sont très tendues, et Amine se trouve pris entre deux feux : marié à une Française, propriétaire terrien employant des ouvriers marocains, il est assimilé aux colons par les autochtones, et méprisé et humilié par les Français parce qu'il est marocain. Il est fier de sa femme, de son courage, de sa beauté particulière, de son fort tempérament, mais il en a honte aussi car elle ne fait pas preuve de la modestie ni de la soumission convenables.
Alors qu'Amine commence à récolter les fruits de son travail harassant, des émeutes éclatent, les plantations sont incendiées : le roman se clôt sur des scènes de violence inaugurant l'accès du pays à l'indépendance en 1956."
L'auteure décrit très bien les difficultés de ce couple mixte face aux populations locales et aux Français installés en vainqueurs dans ce pays dont ils méprisent les habitants. Ils sont étrangers à tous.
Très beau roman bien documenté.
Par
isabelle_aubry
Le 24/01/2021
Et entre ce début et cette fin qui irradient cette lumière présente dans le titre, il y a la violence, l'injustice, la bêtise et la souffrance d'êtres qui n'arrivent pas à trouver leur place.
- J'ai du sang noir.
Elle resta étendue, parfaitement immobile, mais d'une immobilité différente. Mais il ne parut point s'en apercevoir. Il était couché, calme aussi et, de sa main, doucement lui caressait le flanc.»
La goûteuse d' Hitler de Rosella Postorino
Par
isabelle_aubry
Le 09/01/2021
Un livre de la bibli de V.le C..
L'historien Arnd Bauerkämper lui, confirme qu'Hitler a utilisé des goûteurs parce qu'il avait peur d'être assassiné. Il avait son cuisinier personnel.

Mais devient-on implicitement coupable dès lors qu’on est inapte ou qu’on refuse d’agir ? « C’est une faute métaphysique, celle de rester vivant tandis que les uns et les autres succombent ou vivent des injustices. Ça ne concerne pas uniquement les gens qui ont vécu la Deuxième Guerre mondiale ou un régime dictatorial. »
« On ne bouge pas ! Rassieds-toi ! »
Elle s’est laissée retomber comme s’ils lui avaient donné une bourrade. Une de ses tresses roulées en macaron s’est échappée de son épingle dans un léger balancement.
« Vous n’avez pas le droit de vous lever. Vous resterez ici, à table, jusqu’à nouvel ordre. En silence. Si les plats sont empoisonnés, l’effet sera rapide. » Le SS nous a dévisagées une à une, guettant nos réactions. Personne n’a bronché. Puis il s’est adressé de nouveau à celle qui s’était levée : elle portait le Dirndl traditionnel et avait peut-être voulu manifester sa déférence. « C’est l’affaire d’une heure, rassure-toi. Dans une heure, vous serez libres.
– Ou mortes », a souligné un de leurs hommes."
Par
isabelle_aubry
Le 28/11/2020
Aperçu : C'est l'histoire de Lexi, adolescente explosive qui laisse souvent la colère l'emporter. S'agit-il d'une crise d'adolescence ou de maltraitance ? La question est posée dès la couverture. Le début prend son temps, on a du mal à se faire une opinion car il faut saisir la complexité des situations, des personnalités : l'auteur nous promène dans la psychologie des personnages qu'elle sait rendre attachants.
Pour moi, un roman féministe au vrai sens du terme : une histoire de parole, de prise de conscience, d'émancipation. La maltraitance sans sensationnalisme : pas de viols, d'attouchements ou de coups. Les hommes et les femmes sont décrits avec qualités et défauts, forces et faiblesses, à égalité. Pas de manichéisme. L'héroïne, adolescente en construction est un personnage attachant : son évolution est crédible. Les parrallèles avec les contes de fées sont amusants.
Filles de la mer Mary Lynn Bracht
Par
isabelle_aubry
Le 22/11/2020
Un superbe livre qui nous vient de la Bibliothèque de Melun. (590p, car dans la version"grands caractères")
M.L.BRACHT :
Américaine d'origine sud-coréenne, Mary Lynn Bracht, née en 1978, vit à Londres depuis plus de dix ans. Elle a obtenu un master de Creative Writing à Birkbeck en 2015.
Ce livre est son premier roman !
4ème de couverture :
Sur l'île de Jeju, au sud de la Corée, Hana et sa petite soeur Emi appartiennent à la communauté haenyeo, au sein de laquelle ce sont les femmes qui font vivre leur famille en pêchant en apnée.
(1943). Un jour, alors qu'Hana est en mer, elle aperçoit un soldat japonais sur la plage qui se dirige vers Emi. Aux deux filles on a maintes fois répété de ne jamais se retrouver seules avec un soldat. Craignant pour sa soeur, Hana rejoint le rivage aussi vite qu'elle le peut et se laisse enlever à sa place. Elle devient alors, comme des milliers d'autres Coréennes, une femme de réconfort en Mandchourie.
Ainsi commence l'histoire de deux soeurs violemment séparées. Alternant entre le récit d'Hana en 1943 et celui d'Emi en 2011, Filles de la mer se lit au rythme des vagues et dévoile un pan sombre et bouleversant de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale en Asie. Au fil du récit, par la grâce de leurs liens indéfectibles, les deux héroïnes nous ramènent vers la lumière, ou l'espoir triomphe des horreurs de la guerre.
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Côté historique :
Roman qui dénonce le traitement infligé aux filles et femmes coréennes par les troupes japonaises durant la Seconde Guerre mondiale.
2015... Près de 70 ans (!) se sont écoulés avant que le Japon demande pardon officiellement à la Corée du Sud, et accepte d'indemniser les rares survivantes d'une tragédie sans nom.
Honte, culpabilité et déshonneur :
c'est ce qui a muré dans le silence des milliers de femmes pendant plus de 45 ans... Jusqu'à ce courageux témoignage en 1991 d'une certaine Kim Hak-sun, enlevée à l'âge de 16 ans à l'époque des faits.
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Filles de la mer raconte cette effroyable exploitation humaine que fut celle des "femmes de réconfort" : près de 200 000 jeunes filles et femmes kidnappées par l'armée japonaise, principalement en Corée, en Chine et aux Philippines.
Ainsi s'est constitué cet immense réseau d'esclaves sexuelles destinées aux soldats, réparties dans de sordides maisons de passe à travers les territoires occupés.
Ce roman est une fiction, construite sur les bases d'une effroyable, et bien réelle, tragédie humaine.
Deux héroïnes, deux soeurs, deux destinées, à 68 ans d'intervalle.
1943 : Hana, 16 ans, se fait enlever par des soldats, sur la plage où elle a l'habitude de plonger en mer et de pêcher (c'est une haenyeo) avec sa mère. Voulant protéger sa petite soeur Emiko d'un kidnapping imminent, elle honore ainsi sa promesse tout en se sacrifiant. Et quel sacrifice !!
Celui de son innocence, de son identité, de sa joie de vivre, arrachée à sa terre, aux siens pour toujours...
2011 : Emiko, 77 ans, prend part aux manifestations annuelles devant l'ambassade du Japon, pour soutenir les rares "femmes de réconfort" survivantes, qui réclament depuis 10 ans au gouvernement japonais reconnaissance et réparation. Elle garde le fol espoir d'y reconnaître peut-être sa soeur Hana...
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EXTRAITS :
- "Nous plongeons dans l'océan comme nos mères et nos grands-mères et nos arrière-grands-mères l'ont fait avant nous depuis des centaines d'années. Ce don est notre fierté, car nous ne dépendons de personne, ni de nos pères, ni de nos époux, ni de nos grands frères, ni même des soldats japonais pendant la guerre. Nous attrapons nous-mêmes notre nourriture, nous gagnons nous-mêmes notre argent, nous survivons grâce à ce que la mer nous offre. Nous vivons en harmonie avec la nature."
- "Plonger est un don. […] Flotter apaise son corps endolori. Retenir sa respiration pendant parfois deux minutes entières pour chercher des trésors de la mer est une forme de méditation."
- "Hana a seize ans et ne connaît rien d'autre qu'une vie sous l'occupation. Le Japon a annexé la Corée en 1910, et Hana parle couramment le japonais, a appris à l'école l'histoire et la culture japonaises et n'a pas le droit de parler, de lire ou d'écrire dans sa langue maternelle, le coréen. Elle est dans son propre pays une citoyenne de seconde zone à qui ne sont laissés que des droits de seconde zone, mais cela n'entache en rien sa fierté d'être coréenne. Hana et sa mère sont des haenyeo, des femmes de la mer, des femmes qui travaillent pour leur propre compte. Leur communauté, issue d'un petit village côtier du sud de l'île de Jeju, plonge dans une crique invisible depuis la route principale menant à la ville."
- "Hana hurle, mais il ne s'arrête pas. Aucun d'entre eux ne s'arrête. Hana finit par se taire ; par rester inerte alors que les soldats la souillent, les uns après les autres.
La nuit est tombée lorsque le défilé s'interrompt. Hana gît sur le tatami tâché de sang, à demi consciente, perdue dans d'indescriptibles ténèbres"
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ET en ces temps de confinement.... un peu d'évasion...d'étonnement....et d'admiration....:
Les sirènes de Corée : les pêcheuses en apnée de Jeju-do.
❤❤❤❤
Belles lectures !
Par
isabelle_aubry
Le 22/11/2020
Aperçu : Florence Green décide de racheter "The Old House", une batisse désaffectée dans une modeste bourgade anglaise, pour y installer la librairie de ses rêves. Elle rencontre l'hostilité de la notable du coin qui tente de nuire à son projet par tous les moyens à sa portée.
Un film de 2017 à voir d'abord pour la beauté des paysages mais aussi pour l'amour des livres qui deviennent des personnages à part entière. A voir ensuite pour la peinture de la société, d'une acuité et d'une férocité acérée.
Isabel Coixet, réalisatrice espagnole née en 1960, focalise sur le rôle des petites mains, promptes à se mettre au service du plus fort avec le sentiment du devoir accompli et qui n'éprouvent pas de culpabilité car "elles n'y sont pour rien".
A savourer : le passage où, bien avant l'heure, les livres sont définis comme des biens essentiels... A voir gratuitement en ce moment sur Arte ou la médiathèque numérique...
Film adapté de la nouvelle du même nom de Pénélope Fitzgerald (1978).